CG5-11063.md

identifiantCG5-11063.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/11/02 00:00
titreNapoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11063. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Haag près Wels, 11 brumaire an XIV [2 novembre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur Decrès, vous avez reçu l’ordre d’embarquer des hommes de l’artillerie de marine, au lieu de garnison ; cela vous fait donc les 500 hommes qui vous sont nécessaires. La division de Lorient ne partira pas si vous ne lui écrivez deux fois par jour de partir ; également les frégates de Flessingue. Les 11 vaisseaux de Brest ne partiront jamais, l’équinoxe de mars viendra, et ils ne pourront plus partir. Je ne conçois pas comment le ministre du Trésor public<sup>[^1]</sup> ne vous donne pas les 300 000 francs de traites sur le cap de Bonne-Espérance. Que cela ne vous empêche pas de partir. Vous voyez le mal que fait Allemand<sup>[^2]</sup> ; jugez de celui que feraient nos croisières si l’on voulait partir ; mais on ne partira pas, tantôt pour une raison, tantôt pour une autre. J’imagine que M. Jérôme<sup>[^3]</sup> est parti. Je vous rends responsable de la conduite qu’on tiendra avec lui. Il faut qu’il soit maintenu rigoureusement dans son grade. J’espère que vous aurez écrit qu’il ne lui soit rendu aucun honneur à Brest : il ne lui est rien dû. Je suis fâché de la mauvaise santé de Ganteaume<sup>[^4]</sup>. Dites-lui que je l’aime, parce que je sais qu’il m’est attaché. S’il était absolument hors d’état de reprendre la mer de longtemps, on pourrait le faire rentrer au Conseil d’État.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Que rien n’arrête mes escadres ; qu’elles partent. Je ne veux point que mon escadre reste à Cadix<sup>[^5]</sup>. Faites venir mes troupes par terre, et distribuez tous les vaisseaux en quatre ou cinq grosses croisières. Donnez des instructions à toutes mes escadres d’arrêter tous les vaisseaux russes, suédois, autrichiens. Donnez également des lettres de marque à nos corsaires contre les bâtiments de ces trois puissances. Faites mettre également le séquestre sur leurs bâtiments qui se trouveraient en France, et partout où j’ai des escadres. Je vous le répète : si mon escadre de Cadix peut sortir d’ici à nivôse pour remplir sa mission, bien ; sans quoi, dispersez-la en croisière. Je ne puis m’occuper de ces objets ; c’est à vous à faire que tout parte.<sup>[^6]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="font-variant: small-caps"><br/> </p><p style="font-variant: small-caps"><br/> </p> [^1]: Barbé-Marbois [^2]: <span></span> Il s’était emparé quelques mois plus tôt du vaisseau anglais <i>Le Calcutta, </i>ainsi que de 42 bâtiments marchands. [^3]: Le frère de Napoléon. [^4]: Commandant l’escadre de Brest, il était en congé depuis septembre. [^5]: Napoléon n’apprendra la nouvelle de Trafalgar (21 octobre) que le 17 novembre. [^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 9448, d’après l’expédition communiquée par la duchesse Decrès.</body>