| identifiant | CG5-11043.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/10/24 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Duroc, envoyé extraordinaire à Berlin |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11043. - </b>Au général Duroc, envoyé extraordinaire à Berlin</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Augsbourg, 2 brumaire an XIV [24 octobre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur le
général Duroc<sup>[^1]</sup>,
j’ai besoin de vos services près de moi. Demandez au roi<sup>[^2]</sup>
une audience de congé et venez me joindre à Munich. Il vous sera
facile de faire comprendre que, dans les circonstances actuelles,
j’ai besoin de vous. Le but, d’ailleurs, pour lequel vous restiez
à Berlin est manqué, puisqu’il n’est plus question d’alliance.
Je ne suis pas au fait de ce qui se fait à Berlin, étant depuis
quinze jours sans nouvelles de M. Talleyrand et des vôtres ; mais
j’entends dire partout que la Prusse est fort mal pour moi, qu’elle
veut arracher mes aigles des bords de l’Elbe. Laissez entrevoir,
avec ménagement, que mes aigles n’ont jamais souffert d’affront
et que nous sommes encore la même nation qui a résisté à la
Prusse, à l’Autriche, à la Russie et à l’Angleterre réunies ;
ne dites cela que lorsqu’il le faudra. Prenez votre audience de
congé et partez immédiatement pour venir me joindre. Dites au Roi
en prenant congé :</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">« Sire,
l’Empereur me mande près de lui. Il voulait écrire à Votre
Majesté pour l’informer de ses succès, mais il n’ose plus,
étant vaguement instruit, par les bruits de l’Allemagne, que ses
ennemis lèvent la tête à Berlin, et triomphent auprès d’elle.
Sire, vous avez dans l’Empereur un ami capable de venir des
extrémités du monde à votre secours. L’Empereur est peu connu en
Europe : c’est plus un homme de cœur encore qu’un homme de
politique. Serait-il possible que Votre Majesté voulût, par une
conduite douteuse, aliéner un homme d’un si grand caractère et
qui lui est si attaché ? L’affaire d’Ansbach n’est qu’un
vain prétexte ; le territoire de cette province n’est pas compris
dans le traité ; ce motif a suffi au prince Ferdinand, qui s’est
échappé par là. L’Empereur, d’ailleurs, comme commandant en
chef ses armées, aurait dû être informé de cette nouvelle
disposition. </font>
</p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Sire, je
conjure Votre Majesté, je le dois aux sentiments que m’ont
inspirés ses bontés pour moi dans les différentes missions que
j’ai remplies près d’elle, de ne point perdre, par une conduite
douteuse, un ami que la nature a formé incapable de plier aux
menaces, et que j’ai toujours connu disposé à tout faire pour
plaire à Votre Majesté ».</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Dites-lui
ces mots d’une parole claire, et envoyez-en l’extrait à M.
Laforest<sup>[^3]</sup>
pour qu’il le communique à MM. de Hardenberg<sup>[^4]</sup>
et Lombard<sup>[^5]</sup>.
Vous y ajouterez que l’Empereur ne tient pas au Hanovre, mais qu’il
faut qu’on y mette des formes ; qu’il est incalculable ce que
peut faire l’Empereur ; que l’Empereur est l’homme du monde sur
lequel les menaces ont le moins d’effet et qui s’en irrite le
plus ; qu’il sait bien que Frédéric, avec la Prusse, a
résisté à l’Europe entière ; qu’il vaut mieux que Frédéric,
et la France que la Prusse ; que le comité de salut public a résisté
aussi à l’Europe entière, et que tout le monde sait que
l’Empereur a des armées différentes de celles du comité de salut
public. Dites à M. Lombard qu’il y a eu de la gloire à se
mettre le premier contre moi, mais qu’il y a de la lâcheté à s’y
mettre le dernier, après que j’ai fait tout ce qu’a voulu la
Prusse ; que si les Russes sont des ennemis barbares et à redouter,
je ne suis pas un ennemi à dédaigner.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">C’est
surtout à M. Lombard qu’il faut dire : « L’Empereur m’écrit
qu’on veut arracher ses aigles des bords du Weser ; on doit savoir
qu’elles n’ont jamais souffert d’affront ». D’ailleurs
faites comprendre que j’ignorais l’état de la question ; que je
ne suis instruit que par les bruits de l’Allemagne.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Du reste,
écrivez au général Barbou, qui commande en Hanovre, qu’il doit
se retirer dans les places, les défendre contre tout le monde, et ne
les rendre que sur un ordre de moi, qui lui serait porté par un de
mes aides de camp.<sup>[^6]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Il se trouve toujours à Berlin, auprès du roi de Prusse.
[^2]: Frédéric-Guillaume III.
[^3]: Ministre de France à Berlin.
[^4]: Ministre du cabinet (affaires étrangères).
[^5]: Conseiller diplomatique du roi de Prusse.
[^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 867, brumaire an XIV, n° 7.</body> |
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