CG1-1466.md

identifiantCG1-1466.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/03/22 00:00
titreNapoléon au Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1466. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Goritz, 2 germinal an V [22 mars 1797]</h2><p><br/> </p><p>Nous sommes entrés hier dans Goritz. L’armée ennemie a exécuté sa retraite avec tant de précipitation, qu’elle a laissé dans nos mains quatre hôpitaux contenant 1 500 malades, et tous les magasins de vivres et de munitions de guerre dont je vous ferai passer l’état par le premier courrier.</p><p>La division du général Bernadotte s’est rendue hier à Cernitza. Son avant-garde et l’arrière-garde ennemie se sont rencontrées à Camigna ; le 19<sup>e</sup> régiment de chasseurs a chargé l’ennemi avec une telle impétuosité, qu’il lui a fait 50 hussards prisonniers avec leurs chevaux. Le général Masséna a poursuivi l’ennemi jusqu’à Pontebba[^1]. J’attends à chaque instant des nouvelles du Tyrol.</p><p>Vous trouverez ci-joint copie de l’ordre que j’ai donné pour l’organisation de ce pays[^2].</p><p>Le commissaire ordonnateur en chef fait passer un million à l’armée de Sambre-et-Meuse, un million à l’armée du Rhin[^3] et cinq cent mille livres à Turin. L’armée a des besoins immenses en habillement et en charrois ; la quantité de bêtes d’artillerie qui se consomme est très considérable ; il est donc indispensable que le ministre des Finances[^4] ne tire pas des lettres de change avant de s’être entendu avec le commissaire ordonnateur en chef, sans quoi ces lettres de change courront risque d’être protestées.</p><p>Toutes les forces de l’Empereur sont en mouvement, et dans tous les états de la maison d’Autriche on se met en mesure pour s’opposer à nous. Si l’on tarde à passer le Rhin, il sera impossible que nous nous soutenions longtemps. J’attends avec impatience le retour de mon courrier pour savoir si le Rhin est passé. Il est possible qu’avant huit jours je me trouve à Klagenfurt, à quatorze postes de Vienne, avec la plus grande partie de mon armée. Si Moreau peut marcher pour occuper l’ennemi et l’empêcher de se porter, par Innsbruck, sur mon flanc, la campagne pourra avoir des succès et nous conduira très loin ; si, au contraire, les armées du Rhin tardent à reprendre l’offensive, je me verrai, seul contre tous, obligé de me replier en Italie.[^5]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: La veille, près de cette localité, Masséna a encore repoussé l’ennemi. [^2]: <span></span>Cette proclamation organise notamment l’administration des provinces de Gradisca et Goritz autour d’un gouvernement central de quinze membres nommés. (<i>Correspondance</i>, n<sup>o</sup>1609). [^3]: Bonaparte aurait dû écrire « l’armée de Rhin-et-Moselle », née en mars 1795 de la réunion des armées de la Moselle et du Rhin. [^4]: Ramel de Nogaret. [^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1618, d’après Collection Napoléon.</body>
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