CG5-11012.md

identifiantCG5-11012.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/10/18 00:00
titreNapoléon à Frédéric II, électeur de Wurtemberg
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11012. - </b>À Frédéric II, électeur de Wurtemberg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Abbaye d’Elchingen, 26 vendémiaire an XIV [18 octobre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon frère, sachant que je devais me rapprocher de vos États, j’ai voulu tarder à vous écrire jusqu’à ce que je vous eusse défait de toute appréhension. L’armée autrichienne n’existe plus ; plus de 50 000 hommes ont été faits prisonniers. Je ne pense pas que, de cette armée de 100 000 hommes, le cinquième puisse retourner en Autriche. Grâce aux mauvaises dispositions qui ont présidé aux conseils de nos ennemis, je n’ai perdu que 1 500 hommes. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je vais donc demain m’éloigner de vos États pour me porter sur l’Inn. Je désire que les corps de Wurtembergeois se réunissent à Geislingen pour me joindre à Munich. Je désire que vous m’envoyiez le prince Paul<sup>[^1]</sup> ; vous n’aurez point à vous repentir de l’avoir confié à mes soins ; il peut être appelé à gouverner. L’armée de Wurtemberg est trop peu considérable pour y apprendre le métier de la guerre ; il vaut mieux qu’il serve sous mes ordres dans l’armée française. Je regarderai d’ailleurs comme une preuve de son amitié et de sa confiance en moi qu’il se rende à cette invitation. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je n’ai point de nouvelles de M. Didelot<sup>[^2]</sup> ; on me dit qu’il a rencontré le corps du prince Ferdinand opérant sa retraite, et qu’il a été fait prisonnier ; j’espère qu’il aura bientôt été remis en liberté. Je serais fâché qu’on eût fouillé ses malles et qu’on y eût pris le traité dont je venais de signer la ratification à Augsbourg. Au reste, ce serait un petit mal : le temps approche où il faut parler à haute voix. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il me reste à vous faire agréer, mon frère, tous mes remerciements du bon accueil que vous m’avez fait, à me rappeler au souvenir de l’Électrice<sup>[^3]</sup>, et me mettre aux pieds de la princesse Paul<sup>[^4]</sup>.<sup>[^5]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Second fils de l’électeur. [^2]: Ministre de France à Stuttgart. [^3]: Née Charlotte Mathilde de Hanovre. [^4]: Voir CG5-11116. [^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 867, vendémiaire an XIV, n° 117.</body>