CG5-11000.md

identifiantCG5-11000.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/10/12 00:00
titreNapoléon au maréchal Murat, commandant en chef de la réserve de la cavalerie de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11000. - </b>Au maréchal Murat, commandant en chef de la réserve de la cavalerie de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Augsbourg, 20 vendémiaire an XIV [12 octobre 1805], 9 heures du matin</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin, le maréchal Soult s’est porté à Landsberg, où il est arrivé hier à midi. Il a fait la bonne rencontre du régiment de cuirassiers de Ferdinand. Il l’a fait sur-le-champ charger, lui a fait 120 prisonniers, dont un lieutenant-colonel et trois capitaines, et lui a pris deux pièces de canon. Vingt pièces de canon et trente pontons étaient passés de Landsberg sur Memmingen, quinze heures avant. Les dragons et les chasseurs se sont mis à leurs trousses ; j’espère qu’ils les auront atteints hier, ou qu’ils les atteindront aujourd’hui. D’un autre côté, aujourd’hui même le maréchal Soult marche sur Memmingen, où il ne pourra arriver que demain au soir fort tard. Mon intention est que, si l’ennemi continue à rester dans ses positions et se prépare à recevoir la bataille, elle n’ait pas lieu demain, mais après-demain, afin que le maréchal Soult et ses 30 000 hommes en soient, qu’il déborde la droite de l’ennemi, l’attaque en la tournant, manœuvre qui nous assure un succès certain et décisif. En attendant, faites jeter un pont sur le Danube, le plus près possible de votre ligne, vis-à-vis d’Albeck, de manière que le corps qui est à Albeck se trouve en communication et lié avec le reste de l’armée<sup>[^1]</sup>, et que, si l’ennemi agissait trop vivement, ou se trouvait obligé de se réfugier sur la rive gauche, je puisse, dans le jour même, tomber dessus. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Ordonnez aux généraux de faire l’inspection des armes et des cartouches, de réunir tout leur monde, tout ce qui serait détaché aux bagages ; de renvoyer les bagages et les voitures au-delà de Burgau parquer dans les prairies, de sorte qu’il n’y ait rien dans les grands chemins. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Désignez l’emplacement où doivent se mettre les réserves d’artillerie des corps d’armée des maréchaux Lannes et Ney, et de la réserve de cavalerie. Assurez-vous que les réserves des trois armées contiennent assez de cartouches et qu’elles n’ont pas été gâtées par la pluie. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Voyez aussi de désigner le lieu des grandes ambulances pour chacun des corps d’armée. Que le premier chirurgien de chaque corps d’armée, un médecin, un commissaire des guerres et des gendarmes y soient établis. Prenez des mesures pour qu’il y ait du pain, du vin et même des lits pour les blessés de la journée. Je ne parle pas des ambulances, qui doivent suivre la ligne à quatre cents toises en arrière, tout au plus. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Ceci n’est pas une échauffourée, ce n’est pas même l’attaque d’une colonne pendant qu’elle marche : c’est celle d’une armée qui peut être plus nombreuse que vous ne croyez, et du succès de laquelle dépendent les plus grands résultats<sup>[^2]</sup>. J’y serai de ma personne. Faites arranger mon quartier général où vous le croirez le plus convenable. Je partirai dès que j’aurai donné mes ordres pour ma droite. Je serai demain matin au quartier général que vous m’aurez marqué.</font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Dans votre lettre, vous ne mettez ni l’endroit d’où vous écrivez, ni la date, ni l’heure ; c’est un oubli très capital.<sup>[^3]</sup></font></p> [^1]: La veille, la division Dupont, du corps de Ney, bien que restée seule au nord du Danube, avait arrêté à Haslach une tentative d’évasion de l’armée d’Ulm vers le nord-est. [^2]: Ce sera la bataille d’Haslach. [^3]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 23, d. 425, p. 21.</body>