CG5-10964.md

identifiantCG5-10964.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/10/04 00:00
titreNapoléon à Otto, ministre plénipotentiaire en Bavière
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10964. - </b>À Otto, ministre plénipotentiaire en Bavière</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ludwigsburg, 12 vendémiaire an XIV [4 octobre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je reçois votre lettre du 8 vendémiaire ; les nouvelles que vous me donnez des Russes ne sont pas assez précises. Je vous avais mandé d’envoyer quelqu’un à Teschen, à Olmütz, afin de savoir positivement quand ils arrivent et avoir le rapport de quelqu’un qui les ait vus, rapport que je n’ai pas encore eu. Je recevrai avec plaisir le baron de Gravenreuth<sup>[^1]</sup>, et je lui accorderai ma confiance après le bien que vous m’en dites. Tout le monde est en marche.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’espère fortement qu’avant le 25 vendémiaire je pourrai remettre l’Électeur<sup>[^2]</sup> à Munich ; faites-moi connaître si son intention est d’y venir ou à qui il veut donner la régence.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">L’affaire d’Ansbach ne peut être un sujet de querelle avec la Prusse : d’abord, parce que je n’en ai pu être prévenu, et qu’il ne suffisait pas de prévenir mon général ; ensuite, parce que j’ai dû suivre les errements de la dernière guerre, dans laquelle l’on passait à Ansbach comme l’on voulait. C’est dans ce sens que vous devez en parler avec le ministre de Prusse<sup>[^3]</sup> et avec l’Électeur.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Deux patrouilles ennemies ont été coupées, ce qui nous a valu un détachement d’une quarantaine d’hommes à cheval prisonniers. Assurez bien l’Électeur que je ne poserai pas les armes que je ne l’aie mis en état d’entretenir une armée de 50 000 hommes et de n’avoir aucune espèce de lien ni de dépendance avec la Maison d’Autriche.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Les princes de Wurtemberg trouvent ici que l’Électeur a eu tort de ne point porter des plaintes à Ratisbonne et même des plaintes énergiques<sup>[^4]</sup>.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous recevrez ce courrier de vendredi à samedi ; je désire que vous me le renvoyiez, pour que je le reçoive avant le 14 et que je sache tout ce qu’il y a de nouveau de vos côtés.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il serait aussi assez convenable que l’Électeur fît une proclamation à son peuple, où il fît sentir toutes les vexations qu’a commises envers lui la Maison d’Autriche.<sup>[^5]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Diplomate bavarois, précédemment à Vienne, chargé par l’électeur Maximilien IV Joseph d’accompagner Napoléon pendant la campagne. [^2]: Maximilien IV Joseph se trouve toujours à Würzburg. [^3]: Schladen, ministre de Prusse auprès de l’électeur de Bavière. [^4]: Après l’invasion de ses États par l’Autriche. La Diète de Ratisbonne incarnait encore l’empire germanique. [^5]: <span></span> Minute, Archives nationales, AF IV 867, vendémiaire an XIV, n° 75. <span lang="en-GB">Extrait [catalogue de vente], Sotheby &amp; Co., </span><span lang="en-GB"><i>Catalogue of the André de Coppet Collection, Part V, Letters of Napoleon, Nelson and their contemporaries, from the first Italian campaign to the battle of Trafalgar, 1797-1805. The property of the late André de Coppet of New York</i></span><span lang="en-GB">, Londres, 14-15 novembre 1955, p. 92, n° 1441. </span>Cette lettre est repassée en vente à Paris en 1961 (Librairie Charavay, Castaing (Michel) expert,<i> Autographes et documents historiques d’intérêt napoléonien</i>, Paris, 13 juin 1961, n° 50), en décembre 1980 (<i>Autographes et documents historiques, collection Gabriel Girod de l’Ain</i>, Drouot, 8 décembre 1980, n° 160) et en 1981 (<i>Librairie Henri Saffroy, Autographes et documents historiques</i>, n° 110, Paris, Janvier-février 1981, p. 11, n° 331).</body>