CG5-10927.md

identifiantCG5-10927.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/10/02 00:00
titreNapoléon au maréchal Murat, commandant en chef de la réserve de la cavalerie de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10927. - </b>Au maréchal Murat, commandant en chef de la réserve de la cavalerie de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ettlingen, 10 vendémiaire an XIV [2 octobre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin, je reçois votre lettre. Je porte ce soir mon quartier général dans la petite ville de Münchingen<sup>[^1]</sup>. Je désire vous y voir pour vous dire tout ce que j’attends de vous, dans la mission que vous allez remplir. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">N’épargnez rien pour bien nourrir vos chevaux ; ralentissez plutôt votre marche de six heures que de les fatiguer. Votre bataillon de dragons à pied<sup>[^2]</sup> a couché ce soir à Rastadt et ne s’est point arrêté à Strasbourg ; enfin, il est en marche pour vous rejoindre. Le général Bourcier<sup>[^3]</sup> a couché à Rastadt et va également vous rejoindre avec ses quatre divisions de dragons. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous allez flanquer toute ma marche, qui est délicate, en ce que c’est une marche oblique sur le Danube. Il faut donc, si l’ennemi voulait prendre l’offensive, que je sois averti à temps pour prendre un parti et ne pas être obligé de prendre celui qui conviendrait à l’ennemi. La division du général d’Hautpoul<sup>[^4]</sup> ne doit pas suivre votre mouvement ; ce serait encombrer votre manœuvre. Mon intention est qu’elle suive ma marche, et elle arrivera rapidement à Aalen, en même temps que votre avant-garde arrivera à Heidenheim. Les dragons à pied doivent être bien fatigués ; je ne les ferai pas passer avant le maréchal Ney<sup>[^5]</sup> ; ce serait exposer un corps que je veux ménager. Le maréchal Ney ne partira que le 12 de Stuttgart ; il vous suivra donc immédiatement. Les dragons à pied viendront après le maréchal Ney, formant votre réserve. Ainsi, par ce débouché, vous vous trouverez avoir 6 000 dragons à cheval, le corps du maréchal Ney de 20 000 hommes et les dragons à pied : ce qui vous formera un corps d’armée de 30 à 35 000 hommes. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je serai, de ma personne, avec le corps du maréchal Lannes, qui passera par Gmünd ; ma Garde et la division d’Hautpoul feront la réserve de ce corps d’armée, qui sera de 26 000 hommes. Vous voyez donc que, si l’ennemi débouchait d’Ulm pour m’attaquer sur mon flanc, ces deux corps, que je pourrais lui opposer, seraient facilement renforcés par une partie du corps du maréchal Soult, que j’ai disposé en conséquence. Je vous expliquerai tout ceci dans la journée, avec plus de détails ; ainsi, attendez-moi à Münchingen.<sup>[^6]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3> [^1]: Non loin de Ludwigsburg. [^2]: La Grande Armée comprenait une division de dragons à pied, sous le commandement du général Baraguey d’Hilliers. Au départ, il était prévu de la doter en chevaux que l’on achèterait ou prendrait au cours de la campagne [^3]: <span></span> Commandant la 4<sup>e</sup> division de dragons montés. Napoléon semble le considérer comme le chef de tous les dragons. [^4]: <span></span> 2<sup>e</sup> division de grosse cavalerie (cuirassiers) [^5]: Il forme la droite de la Grande Armée [^6]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 23, d. 425, p. 15.</body>