CG5-10926.md

identifiantCG5-10926.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/10/02 00:00
titreNapoléon à Maximilien IV Joseph, électeur de Bavière
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10926. - </b>À Maximilien IV Joseph, électeur de Bavière</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ludwigsburg, 10 vendémiaire an XIV [2 octobre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon Frère, je reçois votre lettre du 1<sup>er</sup> octobre. Le roi de Prusse<sup>[^1]</sup> n’a jamais attaché aucune importance à ce qu’on ne passât point par Bayreuth et Ansbach. Dans la dernière guerre, notre usage constant, a été de passer autant que nous l’avons voulu par ces territoires ; mais je partage votre sentiment : les circonstances actuelles sont d’une nature différente. Il me suffit d’apprendre par vous qu’il pourrait être agréable à la Prusse que mes troupes n’y passassent point, pour que j’envoie sur-le-champ au maréchal Bernadotte l’ordre, non de n’y pas passer, puisque cela n’est pas possible, mais d’éviter d’y séjourner. Si au reste la Prusse tenait à Ansbach un corps de 12 ou 15 000 hommes et qu’elle déclarât aux puissances belligérantes qu’elle entend maintenir la neutralité, nous ne perdrions peut-être rien à être arrêtés sur ce point. Mais, dégarnies comme le sont ces principautés, et puisque l’usage contraire a prévalu, la Prusse ne serait pas raisonnable de nous faire cette querelle ; d’ailleurs, je crois que les troupes autrichiennes, qui viennent de déboucher par la Bohême, ont passé par quelques villages prussiens. J’écris au reste par ce courrier au roi de Prusse une lettre, que M. Otto<sup>[^2]</sup> lui fera passer par courrier extraordinaire<sup>[^3]</sup>.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’arrive à l’instant à Stuttgart, où toute ma droite sera réunie demain<sup>[^4]</sup>. Dans la lettre que je vous ai écrite il y a un mois, je vous ai promis qu’avant le 15 vendémiaire je serai au centre de l’Allemagne ; j’espère pouvoir bientôt, avec l’aide de Dieu, vous rétablir à Munich. Ce jour-là me sera très agréable sans doute ; mais je ne me donnerai point de repos et j’emploierai les grands moyens dont je dispose pour asseoir la puissance de votre Maison sur une base telle que vous n’ayez plus à craindre de quitter votre capitale ; et, dans la position où je désire que la paix générale vous retrouve, j’espère que vous serez dans le cas de résister aux premiers efforts de la Maison d’Autriche et d’attendre les secours des armées alliées.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je vous prie de m’expédier fréquemment des courriers pour me prévenir des mouvements que pourraient faire les Autrichiens sur la gauche du Danube. Les électeurs de Bade et de Wurtemberg<sup>[^5]</sup> ont réuni leurs troupes aux nôtres.<sup>[^6]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3> [^1]: Frédéric-Guillaume III. [^2]: Ministre de France en Bavière. [^3]: Depuis Würzburg. [^4]: Les corps de Lannes et de Ney, la cavalerie de Murat. [^5]: <span></span> Respectivement : Charles-Frédéric et Frédéric I<sup>er</sup>. [^6]: Expédition, Staatliche Archive Bayerns, Bay HSTA, MA 14, fol. 11.</body>