| identifiant | CG5-10917.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/10/02 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Bernadotte, commandant du 1er corps de la Grande Armée |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10917. - </b>Au maréchal Bernadotte, commandant du 1<sup>er</sup> corps de la Grande
Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ettlingen, 10 vendémiaire an XIV [2 octobre
1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin,
je reçois votre lettre du 6 vendémiaire. J’ai vu avec plaisir
votre arrivée à Würzburg, et votre jonction avec le général
Marmont<sup>[^1]</sup>.
Le croquis du mouvement de l’armée que vous envoie le major
général<sup>[^2]</sup>
vous fera connaître mes projets. L’ennemi a une armée assez
considérable dans le Tyrol<sup>[^3]</sup>
; il en fortifie tous les débouchés. Une autre armée se fortifie
sur l’Iller<sup>[^4]</sup>.
Mon projet, s’il hésite et s’il s’amuse, est d’arriver
derrière le Lech avant lui, de lui couper la retraite et de le
pousser sur le Rhin ou dans le Tyrol. Nous allons voir quel parti va
prendre l’ennemi. Expédiez-moi tous les jours quelqu’un. Je suis
la route de Stuttgart, Schorndorf, Gmünd, Aalen, afin de diriger
moi-même les mouvements de la droite, si l’ennemi passe le Danube
et nous attend à Heidenheim<sup>[^5]</sup>.
Les 3 000 hommes du contingent de Bade marchent aujourd’hui ;
les 7 000 hommes de Wurtemberg marchent également. Donnez ces
nouvelles à l’Électeur<sup>[^6]</sup>,
elles lui feront plaisir.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je ne suis
point étonné que vous ayez trouvé beaucoup d’agitation :
l’Électrice<sup>[^7]</sup>
a été de tout temps notre ennemie, et l’Électeur lui-même se
trouve dans une position si extraordinaire qu’il n’est pas
étonnant qu’il s’en trouve ébranlé. Rassurez-le ; causez avec
lui, en général, des mouvements de l’armée, et faites-lui naître
l’espoir d’être rétabli promptement dans sa position naturelle.
Mais je ne pense pas que, quand vous lirez cette lettre, vous serez
déjà à deux marches de Würzburg. Maintenez toujours intacte la
communication du général Marmont avec le maréchal Davout ; vous
verrez par le croquis que ce général sera le 15 sur la Wörnitz ;
si l’ennemi débouchait de Donauwörth pour l’attaquer, faites
marcher le général Marmont à son secours.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Moquez-vous
de tout ce que peuvent faire les ennemis, soit à Hanovre, soit
ailleurs. Ils ne sont pas encore en mesure. Quand nous nous serons
défaits de ces 100 000 Autrichiens que nous avons devant nous,
nous pourrons nous porter ailleurs. Il y a en France un bon mouvement
; la réserve arrive sur le Rhin. J’ai grande envie de vous voir,
et je le ferai du moment que je me serai assuré de ce que l’ennemi
peut faire. Mes dernières nouvelles sont qu’il était encore sur
l’Iller, où il fortifiait Memmingen<sup>[^8]</sup>.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Quant à
l’électeur de Hesse<sup>[^9]</sup>,
il fera toujours, et dans tous les cas, ce que je voudrai. Vous
l’avez un peu gâté, s’il est vrai, comme on me l’assure, que
vous avez payé argent comptant. Si je l’avais prévu, je vous
aurais fait dire de le payer avec des bons : je m’en expliquerai
là-dessus avec lui. Il sait très bien que, sans la France, il ne
serait qu’un sujet de la Prusse ; il sait aussi que, seul, j’ai
pu le faire faire Électeur, et que je puis seul lui faire beaucoup
de bien ou beaucoup de mal.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il n’y a
plus à parlementer avec les Autrichiens qu’à coups de canon.<sup>[^10]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3>
[^1]: <span></span> Le 1<sup>er</sup> corps d’armée du maréchal Bernadotte et le 2<sup>e</sup> du général Marmont formaient l’aile gauche de la Grande Armée.
[^2]: Berthier.
[^3]: Les 22 000 hommes de l’archiduc Jean.
[^4]: Les 72 000 hommes de l’archiduc Ferdinand et du général Mack. L’Iller se jette dans le Danube à Ulm.
[^5]: <span></span><span style="text-transform: uppercase">à</span> 40 kilomètres au nord d’Ulm.
[^6]: Maximilien IV Joseph de Bavière s’était réfugié à Würzburg (possession bavaroise depuis 1803) lorsque les Autrichiens avaient envahi ses États et occupé sa capitale.
[^7]: Caroline de Bade, seconde épouse de l’électeur de Bavière.
[^8]: Au sud d’Ulm.
[^9]: Guillaume IX de Hesse-Kassel.
[^10]: Expédition, Archives nationales de Suède, fonds Bernadotte.</body> |
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