| identifiant | CG5-10906.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/09/30 00:00 |
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| titre | Napoléon à Eugène, vice-roi d’Italie |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10906. - </b>À Eugène, vice-roi d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Strasbourg, 8 vendémiaire an XIV [30 septembre
1805]</h2><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon
cousin, les hostilités ont commencé ici. Ce soir, une patrouille
ennemie de chevau-légers de Rosenberg a été enlevée. Ce sont les
premiers prisonniers qui aient été faits. Il n’a, cependant, été
brûlé encore aucune amorce ; mais nous marchons à force, et
l’ennemi paraît fort déconcerté de la direction, de la rapidité
et de la force de nos mouvements. Il y aura probablement beaucoup de
nouveau dans la semaine. Vous trouverez ci-joint la proclamation qui
a été lue aujourd’hui à l’ordre du jour. </font>
</p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">L’empereur
d’Autriche est venu à son armée, a tenu un grand conseil à
Memmingen ; mais voyant que votre armée<sup>[^1]</sup>,
au lieu d’être dépourvue, était non seulement prête à le bien
recevoir, mais encore manœuvrait sur ses derrières, il est retourné
en diligence à Vienne. Le prince Charles doit être, à cette heure,
en Italie.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Il
me tarde d’apprendre des nouvelles de ce qu’on fait chez vous.
J’ai vu avec plaisir, par vos lettres, que vous fournissiez tout ce
qui vous était possible à l’armée. Si vous avez le temps, faites
une reconnaissance du lac Majeur jusqu’au pied du Simplon, tant
pour savoir si l’on peut le passer que pour en avoir dans la tête
la localité vraie. Après celle-là, faites-en une au pied du
Saint-Gothard. À votre âge, ces reconnaissances se font lestement
et elles restent pour la vie dans la tête. Organisez votre
gendarmerie et tous vos moyens pour pouvoir garder tous les
prisonniers que ferait votre armée. Ayez quelqu’un d’intelligent
dans la Valteline qui vous instruise des mouvements de l’ennemi.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai
donné ordre que la légion corse vienne à l’armée. Je ne sais
qui m’a dit qu’elle était encore à Livourne. Il est ridicule
qu’elle soit là quand elle vous serait si utile à Milan, ou à
l’armée, ou dans tout autre endroit. Je vous ai écrit de la faire
habiller, si c’est le manque d’habits qui l’empêche de
marcher. Vous seriez fort heureux d’avoir là 1 500 hommes qui
tiendraient en respect le pays. Écrivez-en au maréchal<sup>[^2]</sup>,
afin que, si on la juge hors d’état de servir à l’armée, on
vous l’envoie.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Du
moment que les hostilités seront commencées en Italie, faites
connaître les dispositions de la Prusse envers la Russie<sup>[^3]</sup>
; l’organisation de la Grande Armée, divisée en sept corps de
50 000 hommes chacun, que vous nommerez ; la force des
troupes fournies par la Bavière, Bade, Hesse-Darmstadt, Wurtemberg ;
la levée des conscrits en France, et toute espèce de nouvelles qui
ne laissent pas d’en imposer aux Italiens, et neutralisent le tas
de mauvaises nouvelles de tout genre que l’ennemi ne manque pas de
répandre. Faites passer au maréchal, au général Menou<sup>[^4]</sup>,
à Moreau de Saint-Méry<sup>[^5]</sup>,
à la princesse de Lucques<sup>[^6]</sup>,
à l’architrésorier à Gênes<sup>[^7]</sup>,
à Rome, l’extrait de ces nouvelles ; elles ne sont pas
importantes, mais par leur fraîcheur, elles rassurent mes agents et
les mettent à même de démentir les fausses nouvelles. Ayez le soin
de faire de ce que je vous écris un bulletin que vous intitulerez
<i>Bulletin des lettres de l’Empereur</i>, dans lequel vous mettrez
tout ce qu’il y aura de nouveau, et vous l’enverrez aux personnes
ci-dessus nommées. </font>
</p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon
quartier général sera demain à Ludwigsburg sur le Neckar.</font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3><p style="text-indent: 1.25cm"><br/>
</p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">L’Impératrice
reste à Strasbourg avec ses dames. Elle se porte très bien.<sup>[^8]</sup></font></p>
[^1]: <span></span> La <i>Correspondance </i>(n° 9300) publie « notre ».
[^2]: Masséna.
[^3]: Elles sont censées être hostiles.
[^4]: À Turin.
[^5]: À Parme.
[^6]: Élisa.
[^7]: Lebrun.
[^8]: <span></span> Expédition d’après photographie, Proctor Paterson Jones, <i>Napoléon, récits des années de gloire par son secrétaire et
son valet</i>, Éditions Abbeville, 1993, p. 182.</body> |
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