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CG5-10892.md| identifiant | CG5-10892.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/09/29 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Jourdan |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10892. - </b>Au maréchal Jourdan<sup>[^1]</sup></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">[Strasbourg, 7 vendémiaire an XIV] [29 septembre
1805]</h2><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon
cousin, je reçois votre lettre du 3 vendémiaire ; elle me fait
une véritable peine. Il est impossible d’avoir été plus
satisfait que je l’ai été de votre conduite, et d’avoir
meilleure opinion que je l’ai de vos talents. Si j’ai envoyé
Masséna en Italie, j’ai cédé à ma conviction intérieure que,
dans une guerre qui présente tant de chances et éloignée du chef
du Gouvernement, il fallait un homme d’une santé plus robuste que
la vôtre et qui connût parfaitement les localités ; car les
événements se pressent autour de nous avec une telle rapidité,
qu’il a fallu de telles circonstances pour faire taire toute
considération particulière et envoyer en Italie l’homme qui
connaît le mieux l’Italie. Depuis les positions de la Rivière de
Gênes jusqu’à l’Adige, il n’est aucune position que Masséna
ne connaisse. S’il faut aller en avant, il a encore un avantage :
ces contrées agrestes, dont il n’existe pas de carte, même à
Vienne, lui sont également familières.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon
cher maréchal, je conçois que vous devez avoir de la peine ; je
sais que je vous fais un tort réel ; mais restez persuadé que c’est
malgré moi, et, si les circonstances eussent été moins urgentes,
comme je m’en flattais, vous eussiez achevé, cet hiver, d’étudier
les localités, et ma confiance dans vos talents et dans votre
vieille expérience de la guerre m’eût rassuré.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Mais
vous connaissez le théâtre du Rhin, vous y avez eu des succès. La
campagne est engagée aujourd’hui ; dans quinze ou vingt
jours, les événements nécessiteront de nouvelles formations, et je
pourrai vous placer sur le théâtre que vous connaissez le mieux et
où vous pourrez déployer votre bonne volonté.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je
désire apprendre, par votre réponse, que vous êtes satisfait de
cette explication, et que, surtout, vous ne doutez pas des sentiments
que je vous porte.<sup>[^2]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><br/>
</p>
[^1]: Jourdan avait été remplacé à la tête de l’armée d’Italie par Masséna le 6 septembre précédent.
[^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 867, vendémiaire an XIV, n° 41.</body> |
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