CG5-10890.md

identifiantCG5-10890.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/09/29 00:00
titreNapoléon à Eugène, vice-roi d’Italie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10890. - </b>À Eugène, vice-roi d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Strasbourg, 7 vendémiaire an XIV [29 septembre 1805]</h2><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin, les hostilités ont commencé ; vous aurez reçu les <i>Moniteur</i> de Paris, des 3 et 4. Les corps d’armée du maréchal Bernadotte et du général Marmont sont à Würzburg, réunis à l’armée bavaroise, forte de 25 000 hommes. Le corps d’armée du maréchal Davout a passé le Rhin à Mannheim ; il est aujourd’hui sur le Neckar. Le corps d’armée du maréchal Soult a passé le Rhin à Spire, et est aujourd’hui à Heilbronn. Le corps d’armée du maréchal Ney a passé le Rhin vis-à-vis Durlach, et est aujourd’hui à Stuttgart. Le corps d’armée du maréchal Lannes a passé le Rhin à Kehl, et est aujourd’hui à Ludwigsburg. Ma Garde est toute arrivée ; elle est forte de 8 000 hommes et part demain. Le parc a filé. Le prince Murat a rencontré, avec ses dragons, des patrouilles ennemies ; elles n’ont fait que des compliments ; je n’avais pas encore donné l’ordre de tomber dessus ; on ne leur répondra désormais qu’à coups de sabre.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Voici mes alliés en Allemagne : les électeurs de Bavière<sup>[^1]</sup>, de Bade<sup>[^2]</sup>, de Wurtemberg<sup>[^3]</sup> et le landgrave de Hesse-Darmstadt<sup>[^4]</sup> ont fait chacun un traité d’alliance avec moi, et m’ont déjà joint avec des corps d’armée assez considérables<sup>[^5]</sup>. </font> </p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Faites imprimer dans vos gazettes que je suis arrivé à l’armée ; qu’elle est en marche, que déjà l’armée autrichienne fuit ; qu’à tant d’arrogance et de présomption ont succédé la peur et le désordre. Ne parlez pas de mes dispositions militaires avec les détails que je viens de vous donner. Dites que la Prusse arme 100 000 hommes, qu’elle fait marcher sur les frontières de Russie pour contenir les Russes. Ne parlez point des hostilités commencées, à moins que le maréchal Masséna ne les ait commencées en Italie, afin de ne pas contrarier les dispositions du général en chef.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’imagine que vous avez renvoyé les six compagnies de grenadiers que vous aviez à Milan ; elles seront très nécessaires à l’armée : sans elles, les deux régiments feraient deux corps sans âme.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’organise un camp volant à Alexandrie. Il sera commandé par le général Menou<sup>[^6]</sup> et sera composé de 3 000 hommes, savoir : de deux bataillons du 67<sup>e</sup>, de deux bataillons du 3<sup>e</sup> d’infanterie légère et de 500 hommes de la légion hanovrienne à cheval. Le grand nombre de conscrits que les 67<sup>e</sup> et 3<sup>e</sup> régiments doivent recevoir les porteront bientôt, dans le courant de l’hiver, au grand complet de guerre. Mais mon intention est que vous écriviez au général Menou, afin que, si vous aviez besoin qu’un détachement de sa colonne mobile se portât sur Novare, Pavie, il pût le faire avec rapidité ; bien entendu qu’il n’y séjournerait pas et qu’il n’y paraîtrait que pour rétablir l’ordre et faire quelques exemples sévères.<sup>[^7]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Maximilien IV Joseph. [^2]: Charles-Frédéric. [^3]: <span></span> Frédéric I<sup>er</sup>. [^4]: Louis X. [^5]: Finalement, la Hesse-Darmstadt se dérobera. Quant au Wurtemberg, il tardera encore une semaine. [^6]: <span></span> Commandant la 27<sup>e</sup> division militaire à Turin. [^7]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 9290, d’après l’expédition communiquée par la duchesse de Leuchtenberg. Minute, Archives nationales, AF IV 867, vendémiaire en XIV, n° 37.</body>