CG1-1455.md

identifiantCG1-1455.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/03/17 00:00
titreNapoléon au Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1455. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Valvasone, 27 ventôse an V [17 mars 1797]</h2><p><br/> </p><p>Nous voilà, citoyens Directeurs, sur les confins du Frioul autrichien, de la Carinthie et au milieu du Tyrol. Le passage du Tagliamento est d’un bon augure ; mais, à mesure que je m’avancerai en Allemagne, je me trouverai plus de forces ennemies sur les bras. Ordonnez, je vous prie, le passage du Rhin, car il est impossible qu’avec 50 000 hommes je puisse faire face à tout[^1].</p><p>Si les armées du Rhin passent promptement et entrent en lice, l’Empereur est perdu. La dernière campagne a ruiné ses ressources ; il a fait marcher ici jusqu’à sa garnison de Vienne ; il n’a plus de troupes dans l’intérieur de ses états. Mais, si l’on me laisse accabler, je n’aurai d’autre ressource que de me retirer en Italie, et tout sera perdu.</p><p>Le prince Charles avait 22 000 hommes à la bataille du Tagliamento, et 14 000 sont en marche et le rejoindront sous cinq jours. Il y en a autant dans le Tyrol[^2].</p><p>L’Empereur a retiré au moins 30 000 hommes du Rhin, et tous ses bons officiers sont ici ; ordonnez que nos armées passent le Rhin, et la paix est à nous, telle que nous la voudrons. Je suis plus près de Vienne que n’en serait le général Moreau, quand il serait à Ratisbonne. Vous jugez de là que la campagne aurait dû commencer par le passage du Rhin.</p><p>L’armée d’Italie a commencé ; mais il faut que sans perdre un jour nos armées du Rhin passent ce fleuve.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p><br/> </p> [^1]: Le « grand projet » de Bonaparte est que les armées du Rhin et d’Italie prennent les territoires héréditaires des Habsbourg en tenaille et marchent de concert sur Vienne. [^2]: L’archiduc a alors environ 30 000 soldats avec lui et peine autant que son adversaire à obtenir des renforts ; quant à Lougon, il n’a guère plus que 15 000 hommes sous la main au Tyrol. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1590, d’après la Collection Napoléon.</body>
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