CG5-10826.md

identifiantCG5-10826.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/09/17 00:00
titreNapoléon à Lacépède, grand chancelier de la légion d’honneur
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10826. - </b>À Lacépède, grand chancelier de la légion d’honneur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 30 fructidor an XIII [17 septembre 1805]</h2><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">M. Lacépède verra le conseiller Izquierdo<sup>[^1]</sup>. Il lui dira : </font> </p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">- que les circonstances ont changé ; que la guerre du continent menace d’avoir lieu ; que de grands coups sont portés contre la Maison d’Autriche ; </font> </p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">- que je désirerais que 2 000 Espagnols fussent envoyés à Livourne pour garder la reine d’Étrurie<sup>[^2]</sup> ; que les Toscans sont autrichiens, et que, s’il arrivait une retraite à l’armée d’Italie, un simple régiment autrichien, et peut-être le peuple, chasserait la Reine ; qu’il est donc nécessaire d’envoyer 2 000 ou 3 000 hommes à Livourne et Florence, suffisants pour empêcher l’armée autrichienne de rien tenter, car elle n’aura que des succès très éphémères et aura des ennemis en tête et en queue qui ne lui laisseront point le temps de réduire un détachement comme celui-là ; </font> </p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">- que, si cela ne contrariait pas le roi d’Espagne, il fournît 15 000 hommes qui viendraient me joindre au Rhin, ou 6 000 hommes qui aideraient à la défense de Boulogne, où est l’immense matériel de la flottille, et qui me permettraient de retirer 6 000 hommes de mes troupes pour les mettre au Rhin ; cela ne le mettrait point en guerre avec l’Autriche, qui ne garde plus d’ailleurs de ménagements, et peut-être serait-il politique à l’Espagne d’envoyer sur un de ces deux points des troupes qui se battraient et rapporteraient chez elle l’expérience de la guerre et une bonne discipline ; </font> </p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">- enfin, que l’escadre fît un mouvement dans la Méditerranée ; le prince de la Paix<sup>[^3]</sup> peut être sûr que mes ennemis seront rapidement et promptement confondus ; que j’ai été très satisfait de la conduite des Espagnols ; que je ne l’ai pas été autant de mon amiral<sup>[^4]</sup> ; que, s’il avait montré plus d’énergie, il nous aurait fait remporter une grande victoire.<sup>[^5]</sup></font></p> [^1]: Lacépède avait été chargé de suivre la négociation avec Izquierdo. [^2]: Marie-Louise, reine régente d’Etrurie, était la fille du roi d’Espagne Charles IV. [^3]: Godoy. [^4]: Villeneuve. [^5]: <span></span><span lang="pt-BR"> </span><span lang="pt-BR">Minute, Archives nationales, AF IV 867, fructidor an XIII, n° 202.</span></body>