| identifiant | CG1-1448.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1797/03/10 00:00 |
| titre | Napoléon à Battaglia, provéditeur général de la République de Venise |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1448. - </b>À Battaglia, provéditeur général de la République de Venise</h1><p><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Gornegliano, 20 ventôse an V [10 mars 1797]</h2><p><br/> </p><p>J’ai été douloureusement affecté d’apprendre que la tranquillité publique soit troublée à Brescia[^1]. J’espère que, moyennant la sagesse des mesures que vous prendrez, il n’y aura pas de sang de répandu. Vous savez que, dans la position actuelle des esprits en Europe, les persécutions ne feraient qu’aigrir les mécontents contre le gouvernement[^2].</p><p>Dans la plupart des villes de l’État vénitien, il y a des personnes qui montrent à chaque instant leur partialité pour les Autrichiens, qui ne cessent de maudire et de se montrer très indisposées contre les Français. Quelques-unes, mais en petit nombre, paraissent préférer les mœurs et l’affabilité des Français à la rudesse des Allemands ; il serait injuste de punir ces dernières et de leur faire un crime de la partialité que l’on ne trouve pas mauvaise en faveur des Allemands.</p><p>Le Sénat de Venise ne peut avoir aucune espèce d’inquiétude, devant être bien persuadé de la loyauté du gouvernement français et du désir que nous avons de continuer de vivre en bonne amitié avec votre république ; mais je ne voudrais pas que, sous prétexte de conspiration, l’on jetât sous les plombs du palais de Saint-Marc tous ceux qui ne sont pas ennemis déclarés de l’armée française, et qui nous auraient, dans le cours de cette campagne, rendu quelques services.</p><p>Désirant pouvoir contribuer au rétablissement de la tranquillité et ôter toute espèce de méfiance entre les deux républiques, je vous prie, monsieur, de me faire connaître le lieu où je pourrai avoir l’honneur de vous voir, ainsi que de croire à mes sentiments d’estime et de considération.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Cette ville s’est soulevée contre les autorités vénitiennes à l’instigation des Français. [^2]: Entendre : contre le gouvernement de Venise. [^3]: Minute, Archives du ministère des Affaires étrangères, Correspondance politique Milan, vol. 55, fol. 306.</body> |