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CG5-10778.md| identifiant | CG5-10778.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/09/11 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Duroc, envoyé extraordinaire à Berlin |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10778. - </b>Au général Duroc, envoyé extraordinaire à Berlin</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 24 fructidor an XIII [11 septembre
1805]</h2><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur
le général Duroc, j’ai reçu votre premier courrier<sup>[^1]</sup>
en date du 16. M. Talleyrand vous répond plus longuement. Il
vous dit que je trouve bien l’article tel qu’il est proposé par
M. de Hardenberg<sup>[^2]</sup>,
c’est-à-dire que, si la guerre n’a pas lieu, je garantirai
l’état actuel de l’Italie. </font>
</p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je
désire beaucoup savoir positivement si les Russes sont entrés sur
le territoire autrichien. Que M. Laforest<sup>[^3]</sup>
n’épargne point les espions ; qu’il envoie des officiers
prussiens ou autres pour observer, et qu’il prodigue l’argent, si
cela est nécessaire. </font>
</p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Le
roi de Prusse<sup>[^4]</sup>
peut éviter une grande guerre en concluant le traité ; sans
quoi, il est impossible de savoir où tout cela mènera. Le ton de
l’Autriche est très insolent. Elle a déclaré, dans une note,
qu’elle voulait rester armée et que deux colonnes de troupes
russes, de 25 000 hommes chacune, devaient venir à son
secours ; qu’ainsi armée elle entendait me forcer la main,
tant pour interpréter le traité de Lunéville à sa fantaisie que
pour m’obliger à faire la paix avec l’Angleterre. La violence et
l’absurdité de cette conduite sautent à l’œil, puisque
l’Autriche et la Russie s’arment contre moi, et ne s’arment pas
contre l’Angleterre ; de manière qu’elles prétendent me forcer
à accepter les conditions humiliantes qu’il leur plaira de
m’imposer, et qu’elles n’osent d’aucun moyen pour y
contraindre l’Angleterre. </font>
</p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Ne
vous arrêtez à rien ; tâchez de conclure. Pourvu que votre
traité ne me lie pas les mains pour marcher de suite, je passerai
par-dessus tout le reste. J’ai dicté à M. Talleyrand tous
les raisonnements qui peuvent faire comprendre que, pour éviter une
grande guerre, il faut la faire promptement, et que, si l’on attend
le printemps, nous serons infailliblement conduits à une longue et
grosse guerre. J’ai développé cela sous tous les points de vue :
causez-en avec le Roi. Faites-lui comprendre qu’en dernière
analyse, si je voulais écouter les prétentions de l’Autriche,
avec le quart d’une province comme le Hanovre, je la satisferais,
soit en Italie, soit ailleurs. Faites-lui comprendre aussi que les
Anglais ont réussi à Saint-Pétersbourg et à Vienne, et que le but
est véritablement de nous forcer la main ; qu’une fois
l’Autriche et la Russie engagées à faire cause commune, et
accoutumées à prendre en haine la France et la Prusse, si celles-ci
ne se serrent pas, Dieu sait ce qui arrivera.<sup>[^5]</sup></font></p>
[^1]: De Berlin.
[^2]: Ministre prussien chargé des Affaires étrangères.
[^3]: Ministre de France en Prusse.
[^4]: Frédéric-Guillaume III.
[^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 867, fructidor an XIII, n° 159.</body> |
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