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CG5-10706.md| identifiant | CG5-10706.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/08/30 00:00 |
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| titre | Napoléon à Barbé-Marbois, ministre du Trésor public |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10706. - </b>À Barbé-Marbois, ministre du Trésor public</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Pont-de-Briques, 12 fructidor an XIII [30 août
1805]</h2><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur
Barbé-Marbois, vous avez envoyé au payeur de l’armée<sup>[^1]</sup>
un fonds à ma disposition. La solde manque à Boulogne ; sans
ce fonds, je ne sais comment j’aurais fait. M. Desprez se moque de
moi : il saisit le moment où je me trouve à mon armée pour la
faire manquer de tout. Mon armée est à marches forcées, et a la
solde jusqu’au 15, moyennant qu’on a absorbé le fonds destiné
pour les opérations extraordinaires. Si MM. Roger et Desprez<sup>[^2]</sup>
sont dans l’intention de faire manquer mon service, ils en prennent
bien le chemin.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je
me trouve dans une situation où je ne me suis pas trouvé au temps
de l’armée de réserve<sup>[^3]</sup>.
La seule chose à laquelle pourvoyait M. Dufresne, quand la pénurie
était extrême, était de ne point laisser manquer la solde de
l’armée. M. Desprez tire un million sur le payeur d’Arras, qui
ne peut rien donner. Il me semble que les conditions de M. Desprez
sont assez avantageuses. Le service de l’armée ne se fait qu’avec
un retard immense et à prix double de ce que tout coûterait, parce
que les paiements sont illusoires.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Envoyez
sur-le-champ trois millions pour assurer la solde, mais non en
chiffons de papier qui ne sont pas échus. Désormais, quand je
voudrai avoir un fonds en réserve, je n’en chargerai point le
Trésor public, puisqu’il est illusoire pour lui et qu’il compte
sur ce fonds pour le service courant.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Il
est aussi extraordinaire qu’on ait changé le payeur sans ma
permission<sup>[^4]</sup>.
Je laisse MM. Desprez et Roger assez maîtres de mes affaires ;
ils ne devraient pas laisser 150 000 hommes manquer de solde.
Vous trouverez que j’ai de la mauvaise humeur ; à ma place,
qui que ce soit en aurait plus. Si, ensuite, l’argent du trésor
est employé à secourir la Banque, c’est-à-dire à escompter des
papiers de circulation, je ne puis plus compter sur rien. Si la loi
était suivie, je ne serais pas jeté dans l’état de crise où
elle me met. Serai-je réduit, à Boulogne, à perdre quinze jours ou
à voir déserter mon armée faute de solde ? Si cela est, mes
affaires ont bien empiré de puis l’an VIII. Expédiez trois
millions au payeur général de l’armée, sur Strasbourg.<sup>[^5]</sup></font></p>
[^1]: Roguin.
[^2]: Roger, premier commis du Trésor, était l’interlocuteur de Desprez, porte-parole du groupe de financiers dit des « Négociants réunis ».
[^3]: Au printemps 1800, quand la situation financière était particulièrement tendue ; Dufresne était alors directeur général du Trésor.
[^4]: Roguin avait été substitué à La Bouillerie.
[^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 867, fructidor an XIII, n° 97.</body> |
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