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CG5-10686.md| identifiant | CG5-10686.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/08/28 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Dejean, ministre de l’Administration de la guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10686. - </b>Au général Dejean, ministre de l’Administration de la guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Pont-de-Briques, 10 fructidor an XIII [28 août
1805]</h2><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur
Dejean, le ministre de la Guerre<sup>[^1]</sup>
a dû vous faire passer différents ordres pour mettre en état de
faire la guerre mes armées d’Italie et du Rhin ; vous pouvez
la regarder comme certaine. J’ai donné des ordres pour pourvoir
aux capotes et souliers nécessaires à l’armée. Faites-moi
connaître si vous avez quelque chose de disponible à Paris. J’ai
besoin que vous donniez des ordres à tous les régiments de
cavalerie de se remonter à toute force. Je ne vois pas
d’inconvénient à leur distribuer pour cela un million. J’ai mis
à votre disposition une somme extraordinaire de 2 200 000
francs, dont un million pour l’achat de chevaux du train et de
l’artillerie et 1 200 000 francs pour les capotes et
souliers<sup>[^2]</sup>.
Occupez-vous des charrois ; faites construire à Sampigny.<sup>[^3]</sup>
Il y a un marché pour des transports ici ; voyez à lui donner
une plus grande extension. J’imagine que vous avez pourvu à ce que
j’aie du biscuit à Mayence et Strasbourg ; j’en ai ici
beaucoup. Il faut faire manger la partie faite depuis vingt mois ;
il restera ici plus de vingt mille bouches<sup>[^4]</sup> ;
la partie qui est faite depuis douze mois pourra être conservée. Il
se peut que les affaires s’arrangent après quelques batailles, et
que je revienne sur la côte. Faites hâter la fourniture de draps de
l’an XIV ; c’est de la plus grande urgence.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous
allez avoir dans toute la 5<sup>e</sup> division militaire<sup>[^5]</sup>,
depuis Mayence jusqu’à Sélestat, 5 à 6 000 chevaux
d’artillerie, 9 000 chevaux de dragons, 8 ou 9 000 de
chasseurs et de hussards, 4 à 5 000 de grosse cavalerie et
1 500 de la Garde, indépendamment de tous ceux de l’état-major.
Je désire que le service soit fait par la même administration qu’à
Boulogne, surtout pour le pain et la viande. Ne perdez pas un moment
à faire accaparer des vins et des eaux-de-vie à Landau, Strasbourg
et Spire. Landau sera un des principaux points de rassemblement.
J’imagine que Vanlerberghe<sup>[^6]</sup>
envoie à Strasbourg les mêmes individus qu’à Boulogne. Les
premières divisions sont parties ; voyez-le pour cela. Je vous
ai demandé 500 000 rations de biscuit à Strasbourg ; je
ne verrais pas d’inconvénient à les diviser ainsi : 200 000
à Strasbourg ; 200 000 à Landau, et 100 000 à
Spire. J’attends de vous deux états, dont le premier me fasse
connaître le nombre existant de chevaux propres au service de chaque
régiment de cavalerie, ce qui existe en caisse de leur masse, et
l’état des chevaux qu’ils peuvent se procurer ; le second
état me fera connaître la situation de l’habillement de tous les
corps de la Grande Armée, et le temps où ils auront l’habillement
de l’an XIV.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Le
ministre de la Guerre vous aura envoyé l’organisation de la Grande
Armée partagée en sept corps<sup>[^7]</sup>.
Pensez aux ambulances, et occupez-vous sans délai des détails de
l’organisation de cette immense armée. Je vous dirai, mais pour
vous seul, que je compte passer le Rhin le 5 vendémiaire ;
organisez tout en conséquence. Il me reste à vous ajouter que cette
lettre doit être pour vous seul, et qu’elle ne doit être lue par
personne. Dissimulez, dites que je ferai seulement marcher 30 000
hommes pour garantir mes frontières du Rhin. Avec les chefs de
service auxquels on ne peut rien dissimuler, vous leur ferez sentir
l’importance de dire la même chose que vous.<sup>[^8]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Berthier.
[^2]: La minute (Archives nationales, AF IV 867, fructidor an XIII, n° 74) porte : « somme 12 000 mille francs et 2 000 mille francs pour les capotes et souliers et un million pour l’artillerie ».
[^3]: Ville de la Meuse où se trouvaient des forges. Une copie d’expédition conservée au S.H.D., GR (17 C 48) ne reprend pas cette phrase.
[^4]: <span></span> Unité de <i>ravitaillement de bouche</i>.
[^5]: Strasbourg.
[^6]: Munitionnaire des vivres, l’un des principaux fournisseurs militaires, en particulier pour les grains et les « vivres pain ».
[^7]: Voir CG5-10698.
[^8]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 9150, d’après l’expédition communiquée par Louis Barbier.</body> |
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