| identifiant | CG1-1438.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/03/05 00:00 |
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| titre | Napoléon à Petiet, ministre de la Guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1438. - </b>À Petiet, ministre de la Guerre</h1><p><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Mantoue, 15 ventôse an V [5
mars 1797]</h2><p><br/>
</p><p>Je réponds, citoyen ministre, à votre lettre relative à la
demande que vous me faites sur la situation militaire actuelle de
l’île de Corse.</p><p>Le général de brigade Casalta[^1],
que j’ai envoyé en Corse, débarqua à la tête de la gendarmerie
de ces départements et de plusieurs autres réfugiés, et acheva de
chasser les Anglais de cette île.</p><p>Le général Gentili ne tarda pas à y passer avec tous les
réfugiés corses qui se trouvaient à l’armée d’Italie[^2],
et qui, par leurs liaisons dans ce pays, achèveront de consolider
notre rétablissement. J’y fis passer également 100 canonniers
avec plusieurs officiers d’artillerie et du génie pour armer les
différents forts.</p><p>Le général Gentili a, par mon ordre, créé dans les
départements du Golo[^3]
et du Liamone[^4]
un bon corps de gendarmerie et cinq colonnes mobiles, chacune
composée de 300 hommes, tant pour veiller à la défense de la côte
que pour comprimer nos ennemis intérieurs.</p><p>La garde des forts d’Ajaccio, Bonifacio et Bastia, est confiée
à des corps de garde nationale d’une fidélité et d’un
patriotisme reconnus.</p><p>Le commissaire ordonnateur de l’armée[^5]
a passé des marchés et fait approvisionner les différentes places
de l’île de tout ce qui leur était nécessaire, en même temps
qu’il a pourvu à la solde de tous les différents corps.</p><p>Depuis que les deux départements qui composent l’île de Corse
sont rentrés sous la domination de la République[^6],
il n’y a eu aucun assassinat ni attentat aux propriétés ;
jamais pays n’a été plus tranquille et jamais révolution ne
s’est faite avec aussi peu de commotion.</p><p>Je n’ai point fait passer de troupes en Corse ; nous avions
l’habitude d’y tenir 5 000 hommes de garnison, et mes
troupes m’étaient trop nécessaires en Italie pour pouvoir en
distraire la moindre partie pour la Corse, dont la tranquillité a
été d’ailleurs mieux assurée par les mesures de police
intérieure que j’ai prises et par l’argent que j’y ai fait
passer, que par un corps de 4 000 hommes. Cependant, lorsque les
affaires de Rome seront terminées et que les Anglais auront évacué
Porto Ferrajo, je ferai passer 600 hommes dans le fort de Bastia et
400 dans celui d’Ajaccio.</p><p>Vous pouvez être, citoyen ministre, sans aucune espèce
d’inquiétude sur la tranquillité intérieure et extérieure de
l’île de Corse. Il n’y a, je crois, qu’un ennemi de la patrie
qui eût pu exiger que l’on eût affaibli les corps de l’armée
d’Italie pour envoyer en Corse des troupes à peu près inutiles.</p><p>Si le Directoire exécutif continue à me laisser le maître de
faire ce qui conviendra, j’enverrai des troupes dès que la
situation de l’armée me le permettra, ou que les circonstances
l’exigeront.[^7]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3>
[^1]: Antoine
Philippe Casalta, dit Darius (1759-1846), général de brigade
(1795), affecté en Corse pour lutter contre les paolistes puis à
la division Masséna en Italie (1795). Il revient dans son île
natale en octobre 1796, sous Gentili, pour rétablir la souveraineté
française. Nommé commandant du département du Golo il s’empare
de Bonifacio et de l’île de la Madeleine.
[^2]: Les forces de Gentili se montaient à environ 800 hommes dont une
trentaine d’officiers détachés de l’armée d’Italie ou des
forces stationnées en Provence.
[^3]: Chef-lieu : Bastia.
[^4]: Chef-lieu : Ajaccio.
[^5]: Villemanzy.
[^6]: Les Anglais ont retiré leurs forces en novembre 1796.
[^7]: Expédition,
S.H.D., Guerre, 17 C 100, fol. 71.</body> |
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