| identifiant | CG5-10661.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/08/25 00:00 |
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| titre | Napoléon à Maximilien IV Joseph, électeur de Bavière |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10661. - </b>À Maximilien IV Joseph, électeur de Bavière</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Pont-de-Briques, 7 fructidor an XIII [25 août
1805]</h2><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon
frère, le général de brigade Bertrand, mon aide de camp, remettra
cette lettre à Votre Altesse Sérinissime Électorale. Je l’envoie
pour qu’il voie la position de Passau et qu’il parcoure l’Inn,
Ingolstadt, Ulm et les différents débouchés du Tyrol.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">L’Autriche
paraît vouloir la guerre ; je ne puis me rendre raison d’un
tel égarement ; toutefois, elle l’aura, et plus tôt qu’elle
ne s’y attend. J’ai contremandé le mouvement de mes escadres.
L’existence de vingt-cinq régiments autrichiens dans le Tyrol
menace trop la Bavière et mes frontières. J’ai déjà mis en
mouvement différents régiments d’infanterie pour Strasbourg ;
vingt-six régiments de dragons et dix de cuirassiers, avec les
attelages de quarante pièces d’artillerie sont en marche pour
l’Alsace. Cent mille hommes d’infanterie de mes camps sont déjà
désignés pour s’y rendre.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon
intention est de commander moi-même mon armée, et je serai, dans le
courant de vendémiaire, auprès de Votre Altesse. Je ne puis lui
donner une plus grande marque de confiance que de lui confier ce
secret, qui n’est connu d’aucun de mes ministres, et qui est
encore dans ma plus arrière-pensée.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">L’Autriche
se repentira trop tard des fausses démarches qu’on lui fait faire.
La Bavière y gagnera l’accroissement et la splendeur que lui
réservent l’ancienne amitié de la France et la politique actuelle
de mon empire.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Le
général Bertrand, qui est un officier du génie d’une grande
expérience, fera connaître à Votre Altesse s’il pense qu’on
puisse tenir ou non dans Passau, ce qui serait assez important. Dans
tous les cas, je désire que Votre Altesse, pour déguiser mes
mouvements, devienne plus que jamais pacifique, feigne de craindre
plus que jamais l’armée autrichienne. Qu’Elle fasse
confectionner à Würzburg 500 000 rations de biscuit, et à Ulm
500 000, sous prétexte d’approvisionner ces places. Je ferai
rembourser le tout au trésor de Votre Altesse.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Voulant
mettre beaucoup de rapidité dans mes mouvements, je ne puis
qu’engager Votre Altesse à lever le plus de chevaux de trait
possible. Si Elle pouvait en faire fournir 2 000, les fonds en
seraient faits sur-le-champ.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">L’intérêt
de Votre Altesse est que mon armée ne séjourne pas dans ses États ;
il faut donc que je puisse les traverser rapidement.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Il
n’y a qu’un moyen pour l’Autriche de conjurer l’orage, c’est
d’exécuter le Recès de l’Empire<sup>[^1]</sup>,
de renoncer au droit d’épave, d’évacuer le Tyrol, la Styrie et
la Carinthie, et de faire rentrer ses troupes dans leurs garnisons de
paix ; je le lui ai fait signifier. Je vois qu’il est dans son
intérêt de passer l’automne et de gagner du temps pour former de
nouvelles intrigues ; mais elles seront complètement déjouées.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon
cœur saigne de douleur en pensant aux maux qui seront la suite de
ces nouvelles circonstances. Mais Dieu sait que je suis innocent.
J’ai deux fois sauvé l’Allemagne, deux fois réassis l’Autriche
sur son trône ébranlé. Elle profite du temps où mes opérations
maritimes sont commencées, où mes troupes sont campées sur les
bords de l’Océan pour faire marcher des troupes vers la Suisse, où
je n’ai pas un homme, et menacer toutes mes frontières.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je
désire que Votre Altesse ne communique cette lettre à personne, pas
même à ses ministres ; c’est un secret pour Elle, et que je
confie à son honneur. Elle peut, dans toutes les circonstances,
reposer avec tranquillité.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Si
Votre Altesse ne voit pas d’inconvénient à envoyer près de moi
un ingénieur qui connaisse parfaitement le pays, avec des cartes, je
le recevrai avec plaisir.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Que
Votre Altesse ne néglige rien pour rendre ma marche plus rapide ;
qu’Elle me procure abondamment des subsistances et des charrois,
sans se démasquer. Son intérêt, je le lui répète, est que je ne
m’arrête pas en Bavière.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Quant
aux objets qu’Elle aura fait fournir, je sais que, par le traité
conclu entre nous, je suis tenu de tout payer : tout le sera
ponctuellement.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon
intention est de confier mon avant-garde au prince Murat, qui pourra
me précéder de quelques jours.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je
prie Votre Altesse de me répondre par un courrier extraordinaire,
sans attendre le retour de mon aide de camp, afin que je puisse
profiter de tous les instants et donner un plus grand développement
à nos armées combinées.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Votre
bon frère,<sup> [^2]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3>
[^1]: Du 25 février 1803.
[^2]: Expédition, Staatliche Archive Bayerns, Bay HSTA, MA 83260.</body> |
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