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CG5-10643.md| identifiant | CG5-10643.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/08/23 00:00 |
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| titre | Napoléon à Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10643. - </b>À Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Pont-de-Briques, 5 fructidor an XIII [23 août
1805]</h2><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur
mon frère, j’envoie auprès de Votre Majesté le général Duroc.
Il est muni de mes pouvoirs pour signer, avec la personne que Votre
Majesté voudra désigner, le traité dont <i>nos ministres sont</i>
convenus. Je me réjouirai de tous les nouveaux liens qui
resserreront nos États. Nos ennemis sont communs. L’acquisition du
Hanovre est géographiquement nécessaire à Votre Majesté, surtout
lorsque l’Europe se trouve partagée entre de si grandes
puissances. Le partage de la Pologne a amené un grand changement :
il a annulé la Suède et rendu européenne la Russie, qui ne trouve
plus de contrepoids ; Constantinople et Ispahan n’en sont plus
un. L’Autriche redouble ses préparatifs ; l’électeur de
Bavière est très alarmé. Votre Majesté n’a pas un jour à
perdre pour ordonner un rassemblement sur la Bohême.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai
ordonné que l’on communiquât à Votre Majesté tout ce que j’ai
fait dire à l’Autriche ; si elle ne rentre pas dans ses
garnisons et cantonnements de paix, je suis résolu à marcher
moi-même, avec <i>plus de 100 000 hommes, en</i> Bavière. Il
faudra donc se battre encore. Dieu, ma conscience, Votre Majesté et
l’Europe me seront témoins que je suis attaqué, puisque je suis
menacé sur mes frontières, lorsque toutes mes troupes sont sur des
vaisseaux et sur les côtes. La Maison d’Autriche n’est pas dans
le cas de me faire tête. Elle s’aveugle. Les maux de la guerre
retomberont sur elle. Je n’ai rien à redouter de cette lutte,
avec, cependant, l’aide de Dieu, de qui tout dépend.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur
mon Frère, une nouvelle scène se présente pour l’Europe. Nous
aurons besoin de nous entendre et de marcher d’harmonie, pour le
repos du monde et pour le bien de nos États. Je me flatte que ni
Votre Majesté ni moi ne déchoirons, et que nous laisserons nos
États, ceux des princes qui feront cause commune avec nous, au même
degré de splendeur où ils sont.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai
trop épargné la Maison d’Autriche ; elle est encore trop
puissante pour laisser l’Europe en repos et ne pas attenter aux
libertés de l’Allemagne. Si elle reste armée, la guerre est
imminente.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Toutes
les occasions qui se présenteront de vous donner des preuves
d’estime et d’amitié seront pour moi des moments de bonheur.<sup>[^1]</sup></font></p>
[^1]: Minute, Archives nationales, AF IV 867, fructidor an XIII, n° 28.</body> |
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