CG5-10517.md

identifiantCG5-10517.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/08/06 00:00
titreNapoléon à Daru, intendant général de l’Autriche
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10517. - </b>À Daru, intendant général de l’Autriche</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Pont-de-Briques, 18 thermidor an XIII [6 août 1805]</h2><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur Daru, je vous renvoie tout votre travail avec des décisions.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai fait, il y a un an, un fonds de deux millions pour des achats de terrains de la liste civile ; ce fonds n’est pas épuisé. Il y a encore, dans les forêts de Marly et de Saint-Germain, quelques terres à acheter. Ces acquisitions sont nécessaires pour que cela ne donne lieu à aucune indemnité.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faut aussi s’occuper du petit parc de Versailles<sup>[^1]</sup>. Il faudrait d’abord entrer en arrangement avec le sénateur Sieyès<sup>[^2]</sup> et M. Desprez<sup>[^3]</sup> ; mon intention est que pour l’automne ce petit parc soit racheté, mais à sa valeur. En attendant, il faut que les grilles soient réparées et qu’il y ait les gardes et portiers nécessaires. Il y a des fonds pour la réparation des murailles du petit parc. Faites rétablir, au Petit Trianon, les eaux et les jardins en aussi bon état qu’ils l’ont jamais été.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai envoyé à M. Cambacérès le projet de règlement de M. Réal sur mes forêts<sup>[^4]</sup> ; il vous appellera à un conseil qu’il va former pour rédiger un projet sur cet objet important et sur le contentieux de ma Maison.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Quant aux encouragements à accorder aux arts, la Bibliothèque impériale étant dans les attributions du ministre de l’Intérieur, et ayant mis cette année 200 000 francs à sa disposition pour cet objet, je ne sais pourquoi le ministre du Trésor public n’a pas voulu les payer. Une grande portion de la dépense de la liste civile se compose d’ameublements, peintures, embellissements de palais, qui sont autant d’encouragements accordés aux arts. C’est sous ce point de vue que l’intelligence et les soins de l’intendant général doivent naturellement se porter sur tout ce qui peut alimenter l’industrie, encourager les arts et fournir une émulation aux artistes.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">David<sup>[^5]</sup> reçoit des sommes assez considérables pour les arts. Mon bibliothécaire<sup>[^6]</sup> m’a fait souscrire pour une grande quantité de gravures et d’ouvrages, et je ne me refuserai pas à accorder tout ce que vous jugerez nécessaire pour encourager les artistes ; mais je ne veux pas que ce soit une obligation qui me soit imposée. La manufacture de la Savonnerie, celles des Gobelins, de Sèvres, doivent travailler sans qu’il en coûte rien à la liste civile, c’est-à-dire que je dois retrouver ce qu’elles me coûtent, en garde-meuble<sup>[^7]</sup>. Toutes les fois qu’on fait un embellissement dans un palais, il faut considérer de quel avantage il est pour les arts et les manufactures, chose qu’aujourd’hui on ne considère pas. Le Muséum<sup>[^8]</sup> est à mes frais ; il me coûte considérablement ; c’est encore là un encouragement pour les arts. Aucune de ces choses n’a été faite avec ensemble.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faut vous emparer de tout cela, payer vous-même les individus, les voir, savoir quelles sont leurs fonctions. Je dois vous faire connaître que mon intention est de tourner spécialement les arts vers des sujets qui tendraient à perpétuer le souvenir de ce qui s’est fait depuis quinze ans. Il est étonnant, par exemple, que je n’aie pu obtenir que les Gobelins laissassent de côté l’histoire sainte, et occupassent enfin leurs artistes de cette foule d’actions de tout genre qui ont distingué l’armée et la nation, événements qui ont élevé le trône. Lorsque vous aurez le temps, vous me ferez une récapitulation des statues, gravures, tableaux, etc., que j’ai ordonnés.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’imagine que M. de Ségur<sup>[^9]</sup>, qui avait des fonds pour faire exécuter le livre du sacre, l’a fait commencer. C’est une affaire assez importante<sup>[^10]</sup>. Le travail dont s’occupe M. Denon<sup>[^11]</sup>, qui parcourt les champs de bataille d’Italie pour lever des dessins et des plans qui feront le pendant de son atlas d’Égypte, offrira encore une nouvelle carrière à l’émulation des peintres et des graveurs. M. de Fleurieu<sup>[^12]</sup>, par la circonstance de son âge, ne pouvait suivre tous ces objets, puisqu’à peine il pouvait se traîner et faire la besogne la plus pressante. Il faut, désormais, que M. Denon vous soit subordonné, comme il doit naturellement l’être, en ménageant son amour-propre, et qu’il reste conservateur du Muséum<sup>[^13]</sup>, n’ordonnant point de dépenses, et mes ordres passant toujours par vous.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je désire avoir libre l’esplanade de Meudon et voir disparaître les décombres du vieux château. On ne les a point déblayés, parce qu’on a pensé qu’ils étaient nécessaires pour combler la terrasse ; comme cela est porté au budget de cette année, il faut le faire finir.</font></p><p style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faut prendre toutes les mesures pour que les jardins de Fontainebleau et de Versailles soient plantés. Il faut replanter cette année les anciennes allées comme elles l’étaient.<sup>[^14]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napolé</i></h3> [^1]: Actuel Grand Parc de Versailles, le Petit Parc correspond aujourd’hui au Jardin du Roi. [^2]: Sieyès avait acquis, durant le Révolution, les domaines de la Ménagerie et de la Faisanderie (bras sud du Grand Canal). Ces parcelles lui sont définitivement rachetées en 1811. [^3]: Régent de la Banque de France, comme Sieyès, il était propriétaire de parcelles du Parc de Versailles. [^4]: .Voir CG5-10421. [^5]: Premier peintre de l’Empereur. [^6]: Ripault. [^7]: Ces trois manufactures dépendent de la liste civile. [^8]: Le Louvre. [^9]: Grand-maître des cérémonies. [^10]: Annoncé en mars 1805, ce livre coordonnée par Isabey, ne verra le jour qu’à la fin de l’Empire. [^11]: Directeur général des Musées depuis le 19 novembre 1802. [^12]: Intendant général de la Maison de l’Empereur. [^13]: Denon cumule les fonctions de directeur général et de directeur du Muséum. [^14]: Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26, fol. 5.</body>