| identifiant | CG5-10429.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/07/20 00:00 |
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| titre | Napoléon au vice-amiral Ganteaume, commandant de l’armée navale de l’Océan |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10429. - </b>Au vice-amiral Ganteaume, commandant de l’armée navale de l’Océan</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><span lang="en-GB">Saint-Cloud, 1</span><sup><span lang="en-GB">er</span></sup><span lang="en-GB">
thermidor an XIII [20 juillet 1805]</span></h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur le
général Ganteaume, commandant notre armée navale à Brest, nôtre
ministre<sup>[^1]</sup>
vous fera connaître les nouvelles que nous venons de recevoir, par
l’Angleterre, de nôtre escadre que commande l’amiral Villeneuve.
Il vous apprendra également que la croisière anglaise a levé le
blocus de Rochefort, ce qui a mis notre escadre à même
d’appareiller le 28 messidor.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Vos
dépêches télégraphiques m’ont pareillement instruit que, depuis
plusieurs jours, l’armée anglaise n’était plus signalée devant
votre rade.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Nous vous
avons déjà fait donner l’ordre de sortir et de chasser les
frégates ennemies, et de reconnaître où l’ennemi s’est porté<sup>[^2]</sup>.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Si vous le
trouvez au large de Brest, au nombre de moins de 16 vaisseaux de
ligne, notre intention positive est que vous l’attaquiez avec vos
21 vaisseaux de ligne. Nous sommes fondés à espérer du succès.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Si, au
contraire, l’ennemi n’est pas en vue, et qu’il se soit porté
sur le Ferrol, ou qu’il soit très éloigné en pleine mer, à la
rencontre de l’amiral Villeneuve, nôtre intention est que vous
entriez dans la Manche et que vous vous portiez devant Boulogne, où
tout est préparé et où, maître trois jours de la mer, vous nous
mettrez à même de terminer le destin de l’Angleterre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Si l’ennemi
avait une croisière assez considérable devant Brest, mais pas assez
forte pour vous combattre, et que cette croisière prit chasse devant
vous, vous vous étudierez à la chasser, si cela est possible, et à
vous mettre en situation de secourir l’amiral Villeneuve, et de
vous joindre à lui au moment où il se présentera devant Brest ;
et, si même vous étiez porté à penser que l’escadre qui est
devant vous s’est affaiblie pour renforcer la croisière du Ferrol
et faire obstacle à l’amiral Villeneuve, nous vous autorisons,
après que vous aurez chassé l’ennemi de devant Brest, à
disparaître de devant lui par une fausse route, et à vous porter
sur le Ferrol, pour y surprendre la croisière ennemie, vous y
joindre à une autre escadre combinée, qui est forte de 15
vaisseaux, puis à vous joindre à nôtre escadre de Rochefort,
commandée par le capitaine Allemand, et dont le ministre de la
Marine vous fera connaître la station. Déconcertant ainsi les
opérations de l’amirauté anglaise, vous entrerez rapidement dans
la Manche.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Lorsque
vous recevrez cette lettre, nous serons déjà de notre personne à
Boulogne-sur-Mer, et tout sera embarqué, embossé hors de rade, de
sorte que, maître trois jours de la mer, dans le temps ordinaire en
cette saison, nous n’avons aucun doute de la réussite.
Dussiez-vous après passer devant le Texel et vous joindre à
l’escadre hollandaise ou doubler l’Irlande pour vous retrouver
dans la grande mer, et, dans cette saison, approvisionné comme vous
l’êtes, pouvoir vous y maintenir pour vous tenir instruit des
événements de l’Angleterre et de l’Irlande, et agir suivant les
circonstances, ou même retourner dans un port quelconque de France
ou d’Espagne, ou diviser votre escadre en huit ou dix croisières,
suivant ce que vous inspirera votre zèle pour nôtre service, ne
restez pas inactif. De grands événements se passent ou vont se
passer dans ces mers ; ne rendez pas inutiles les forces que
vous commandez. Si l’ennemi se dégarnit devant vous, c’est qu’il
est persuadé que l’offensive doit venir de l’amiral Villeneuve.
Trompez ses calculs en prenant vous-même l’initiative. Nous nous
en rapportons à votre zèle, à votre bravoure, à votre expérience
dans la marine, et à votre attachement pour nôtre personne. Ayez de
la prudence ; mais ayez aussi de l’audace.<sup>[^3]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3>
[^1]: Decrès.
[^2]: Voir CG5-10419.
[^3]: <span></span> Copie d’expédition, S.H.D., Marine, Vincennes, BB 8-2722 fol. 261. <span lang="en-GB">Extrait [catalogue de vente], Sotheby &
Co., </span><span lang="en-GB"><i>Catalogue of the well-known
collection of autograph letters, historical documents and holograph
music. The property of the late W. Westley Manning</i></span><span lang="en-GB">,
Londres, 24 et 25 janvier 1955, p. 14, n° 336 (la signature est
reproduite). </span>Lettre vendue une nouvelle fois en 1961 à Drouot (Librairie Charavay, Michel Castaing expert, <i>Autographes
et documents historiques d’intérêts napoléonien</i>, Drouot, 13 janvier 1961, n° 48.). <span lang="en-GB">Minute, Archives
nationales, AF IV 867, thermidor an XIII, n° 2.</span></body> |
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