| identifiant | CG5-10378.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/07/05 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Berthier, ministre de la Guerre, major général des camps |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10378. - </b>Au maréchal Berthier, ministre de la Guerre, major général des camps</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Gênes, 16 messidor an XIII [5 juillet 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin,
la darse doit être destinée en entier à la marine. L’artillerie
et le magasin de la terre doivent être placés dans un autre
établissement. Vous savez qu’il est impossible que les
établissements de la terre se trouvent mêlée dans les chantiers de
la marine. Il y a ici un directeur d’artillerie génois<sup>[^1]</sup>,
qui est très bon officier, qu’on peut laisser ici quelque temps
comme directeur à […]<sup>[^2]</sup>.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">La
situation de l’artillerie en Italie est alarmante. Je désire que
vous me prépariez un rapport sur l’exécution des ordres que j’ai
donné sur cet objet, sur la marche du travail, et sur ce que j’ai
à espérer chaque année. La place de Gênes a une grande quantité
de bronze mauvais, une grande quantité de boulets la plupart hors de
calibre, et presque point d’affûts. Toutes les places d’Italie
sont sans affûts, même les équipages de campagne. Tous les
équipages de siège pour Alexandrie et autres places sont encore
sans affûts. Je désirerais que Gassendi<sup>[^3]</sup>
me fît trois états qui fissent connaître : 1<sup>o</sup> la
force des équipages de campagne et de siège que j’ai prescrits ;
2<sup>o</sup> ce qui existe actuellement 1<sup>er</sup> prairial 3°
dans quel endroit sera ce qui doit exister au 1<sup>er</sup>
vendémiaire an XIV, an XV et an XVI, en me faisant connaître la
progression des travaux, soit à l’arsenal et fonderie de Turin,
soit de Plaisance, soit de Gênes.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous me
ferez un état pour l’armement des places et citadelles de Gavi,
Fenestrelle, Alexandrie, Gênes et Savone.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il ne faut
pas se dissimuler, Gassendi doit bien le savoir, qu’une mauvaise
artillerie n’est point de l’artillerie ; et lorsque au lieu
de boulets de calibre il y a des boulets d’un calibre plus bas ;
cela ne peut produire aucun bon résultat.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je désire
donc n’avoir en Italie dans toutes mes places que des pièces de
calibre français de 24, 18, 12, 6 et 3 ; des mortiers de 12, de
8 et de 6 pouces, et que toutes soient approvisionnées avec des
boulets de bons calibre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai
donné le même ordre pour la place de Mantoue, Peschiera, Legnago,
et la Rocca d’Anfo. On se servira pour ces places de la fonderie de
Pavie. Pour les places de la 27<sup>e</sup> et 28<sup>e</sup>
division militaire<sup>[^4]</sup>,
vous ferez mettre en activité celle de Gênes, comme vous avez fait
de celle de Turin.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Les 5 000
armes destinées pour Gavi y sont arrivées par une gabare<sup>[^5]</sup>.
Mon intention est qu’il y ait une salle de 20 000 armes à
Gênes ; il est commode de les faire passer par Toulon ; on
évite ainsi les montagnes.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Quant aux
fortifications de Gênes, j’en ai été très satisfait. Je désire
qu’on ajoute deux petits forts ou redoutes maçonnées sur les
points intermédiaires entre le Diamant et à l’Éperon, et qu’on
me présente un projet pour améliorer le fort Richelieu et le mettre
en état de se défendre contre une batterie de gros calibre. Je
désire que vous fassiez faire un mémoire par l’officier du génie
de Gênes, pour savoir combien il faut de journées à l’ennemi
pour transporter des canons de la mer contre le fort Richelieu, sur
un chemin à faire pour y conduire tant de l’artillerie que des
approvisionnements, et sur la question de savoir combien de temps il
faudrait pour porter l’artillerie de Novi au Diamant, en faisant
connaître laquelle de ces deux opérations serait la plus facile.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Le fort de
l’Éperon se trouve déjà isolé : il faut que sa défense du
côté de Gênes soit plus systématisée, et que ce fort contienne
toujours de gros mortiers, que son magasins à poudre et de vivres,
soient toujours approvisionnés de manière que ses 2 ou 300 hommes
puissent toujours en imposer à toute la population de Gênes.<sup>[^6]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3>
[^1]: Le colonel Menici, natif de Gênes, qui passe au service de France. Voir CG5-10304.
[^2]: <span></span> La <i>Correspondance</i> (n° 8969) publie « Gênes ».
[^3]: Inspecteur général de l’artillerie au ministère de la Guerre.
[^4]: <span></span> Celle de Gênes nouvellement créée, faisant suite à la 27<sup>e</sup> dont le chef-lieu est à Turin.
[^5]: <span></span> La <i>Correspondance</i> (n° 8969) publie en plus « faites de Gavi ce que j'ai décidé ».
[^6]: <span></span><span lang="en-GB">
Expédition, British Library, ADD. MSS., 23, 004, fol. 179. </span>La <i>Correspondance</i> (n° 8969) publie cette lettre d’après la minute des Archives de l’Empire ce qui implique de nombreuses variantes de forme.</body> |
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