| identifiant | CG5-10361.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/06/28 00:00 |
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| titre | Napoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10361. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Plaisance, 9 messidor an XIII [28 juin 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur
Decrès, je suis toujours sans nouvelles positives ; il
paraîtrait que Nelson aurait été aux Indes occidentales, mais
seulement avec 10 vaisseaux. Dans tous les cas, il ne serait parti
que le 25 floréal<sup>[^1]</sup>.
Magon serait donc arrivé avant. Nelson aurait d’abord été devant
Surinam, de là à la Trinité, et enfin à La Barbade ; ce qui
laisse des chances même pour l’arrivée de la frégate <i>Le
Président</i>, qui est partie le 1<sup>er</sup> prairial,
c’est-à-dire à presque pas de jours de différence, et avec
l’avantage d’un bâtiment contre une escadre, suivant une route
plus courte et ne perdant son temps ni à rien chasser ni à prendre
aucun renseignement. Nelson perdra deux jours au Cap Vert ; il
perdra beaucoup de jours à se faire rallier par les vaisseaux et
frégates qu’il fera chasser sur sa route. Quand il apprendra que
Villeneuve n’est pas aux îles du Vent, il ira à la Jamaïque, et,
pendant le temps qu’il perdra à s’y réapprovisionner et à l’y
attendre, les grands coups seront portés : voilà mon calcul. Faites
embarquer à Brest le plus de vivres que vous pourrez sur les flûtes.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Comment
n’est-il pas possible de tirer parti de ce vaisseau <i>L’Océan</i><sup>[^2]</sup>?
N’oubliez point les canonnières. Donnez l’ordre qu’au 5
thermidor ce qu’on peut trouver dans les ports s’embarque sur les
canonnières, qu’on y mette de bonnes troupes, et que tout soit
armé, jusqu’aux péniches. Les pièces de 18 et de 24 sont partout
des pièces de 18 et de 24. Pourquoi même les deux ou trois
bombardes qui sont à Brest ne sortiraient-elles pas ?</font></p><p> <font size="3" style="font-size: 12pt">Expédiez
un capitaine de frégate au Havre et un à Dunkerque, pour faire
hâter le départ de l’un et l’autre côté. Donnez ordre à la
frégate <i>La Canonnière</i> de se tenir prête, avec ses
munitions, à partir vingt-quatre heures après la réception de
votre courrier ; vous savez de quelle utilité doit nous être
cette frégate. Ayez aussi, au Havre, un ou deux bricks bons
marcheurs, pour porter des ordres. Dans des moments si critiques,
c’est un grand soulagement de recevoir tous les jours des
nouvelles.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’imagine
que vous avez à Cherbourg au moins un mois de vivres pour tout le
monde.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je serai à
Gênes les 11, 12, 13, 14 et 15. Voyez Lavalette<sup>[^3]</sup>
pour que nos courriers prennent la route de Moulins, Lyon, Chambéry,
Turin, Casal, Alexandrie et Gênes, afin que je ne manque aucune de
vos lettres, et que je sois toujours au courant. Comme je marche avec
deux voitures incognito, sous un nom supposé, et sans gardes, cela
exige un grand secret. Il sera cependant nécessaire, passé le 18
messidor, qu’on dise aux courriers, en leur recommandant le secret,
que, comme on ne sait pas mon itinéraire, ils observent bien sur la
route, en cas que je passe incognito. Indépendamment des courriers,
s’il y a quelque chose d’important, il sera convenable que vous
m’expédiiez un officier que vous mettrez dans le secret de ma
route.<sup>[^4]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Il est parti le 21 floréal (11mai).
[^2]: Vaisseau à 3 ponts lancé en 1790.
[^3]: Directeur général des Postes.
[^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8958, d’après l’expédition communiquée par la duchesse Decrès. Minute, Archives nationales, AF IV 867, messidor an XIII, n° 49.</body> |
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