| identifiant | CG5-10356.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1805/06/27 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10356. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Parme, 8 messidor an XIII [27 juin 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Collingwood
n’est parti que le 3 prairial ; il a perdu quatre ou cinq
jours à conférer avec Nelson dans la baie de Lagos. En supposant
donc qu’il ait été en droite ligne où il devait trouver
Villeneuve, il y arrivera beaucoup après lui. <i>La Topaze</i> est
partie le 25 floréal, <i>Le Président</i> le 1<sup>er</sup>
prairial, et dès lors il ne trouvera plus personne. Je ne vois pas
non plus bien clairement où a été Nelson<sup>[^1]</sup>.
Cependant, très certainement, il y a dans la Méditerranée 1
vaisseau à Naples, 3 qui rôdent sur nos côtes depuis Gênes
jusqu’à Toulon, et 3 autres qui rôdent sur les côtes de Cadix,
Carthagène. J’estime donc qu’il y a 7 vaisseaux dans la
Méditerranée. On veut me faire croire que Nelson est du nombre ;
alors il aurait donné 4 vaisseaux de son escadre à Collingwood, qui
serait parti avec 12 ou 13 vaisseaux. Selon vos calculs, il n’y en
aurait que 24 devant Brest, dont 6 de la croisière de Rochefort ;
reste à 18 ; ajoutez-y les 4 du Ferrol que vous supposez
réunis, quoique ce soit incertain ; au moment du combat il n’y
aurait donc là que 22 à 23 vaisseaux. Villeneuve aurait, en seuls
vaisseaux français, 19 vaisseaux et 7 frégates, et 13 vaisseaux et
2 frégates espagnols. Selon votre état, il n’y aurait à Nore<sup>[^2]</sup>
et à Yarmouth que 3 vaisseaux. C’est pour augmenter le nombre de
ces vaisseaux que tendent tous mes efforts. À cet effet, mon
intention est que, passé le 20 messidor, l’escadre batave du
Texel<sup>[^3]</sup>
sorte et rentre, et qu’au 1<sup>er</sup> thermidor toute l’armée
s’embarque et reste embarquée. Certainement 30 000 hommes
embarqués, ce qui n’a jamais eu lieu, et 7 vaisseaux attireront
beaucoup de forces de ce côté-là.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Écrivez
sur cela au général Marmont. Il est bon aussi que vous fassiez
courir légèrement le bruit que la partie de ma Garde partie de
Paris se dirige sur la Hollande, et que moi-même je vais passer la
revue du camp d’Utrecht.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Si
Missiessy sort<sup>[^4]</sup>,
comme je l’espère, et qu’il paraisse sur les côtes d’Irlande,
il ajoutera à ces démonstrations plus de probabilités. Enfin je
suis plein d’espoir que l’amiral Villeneuve ne trouvera pas à
Brest une force qui puisse lui en imposer, et que nos escadres
réunies, présentant plus de 50 vaisseaux, seront longtemps
maîtresses du passage des mers où elles doivent se rendre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Le 15
messidor, écrivez à Villeneuve pour lui faire connaître l’état
de la question. Le 20, envoyez-lui un second courrier ; le 25,
un troisième ; le 1<sup>er</sup> thermidor, un quatrième ;
le 5, un cinquième ; que ce soient tous des gens vigoureux.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Écrivez au
général Gourdon<sup>[^5]</sup>
que, du moment que Villeneuve paraîtra, il expédie deux courriers,
un à Brest et un à Paris, et qu’il promette 100 louis à ces
courriers s’ils arrivent avant telle heure, en recommandant à tous
deux, sous peine afflictive, de ne pas dire un mot de ce qu’ils ont
vu et du lieu où ils vont.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Dans votre
lettre au général Villeneuve, faites-lui bien connaître qu’il
trouvera des vivres à gogo [<i>sic</i>] à Brest ; que
d’ailleurs l’escadre, qui en a pour six mois, pourra lui en
donner tant qu’il voudra ; qu’enfin il en trouvera aussi sur
l’escadre de Gourdon, qui pourront lui donner trois mois pour 5
vaisseaux, ce qui formera 15 jours pour 20 vaisseaux.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Écrivez
également à Gourdon que, le 25 messidor, il vous expédie un
courrier qui vous fasse connaître la situation de l’escadre
espagnole, la sienne et celle de l’ennemi.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je vous
envoie la carte du Texel et la note des points où son escadre peut
se porter, et de ce qu’elle peut faire, sans se compromettre, pour
attirer le plus d’ennemis possible. Consultez-vous avec le
Pensionnaire de Hollande<sup>[^6]</sup>,
et écrivez-lui une lettre dans laquelle vous lui direz que, dans mon
attaque générale de guerre, j’ai besoin qu’il fasse tel
mouvement ; donnez ordre au général Marmont de faire les
démarches pour le faire exécuter auprès du comité de la marine.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Faites
entrevoir à M. Schimmelpenninck qu’il ne serait pas impossible
qu’à mon retour d’Italie j’allasse visiter le camp d’Utrecht ;
que je serais flatté de trouver l’escadre du Texel forte de 9
vaisseaux de guerre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai
peine à croire qu’il y ait 8 vaisseaux devant Rochefort, à moins
que ce ne fût 6 vaisseaux de haut bord et 2 de 50.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Réitérez
donc vos ordres pour que <i>Le Borée</i> soit armé sans retard. Je
voudrais confier une expédition à M. Jérôme, mais de quelque
importance. Si au 1<sup>er</sup> septembre je pouvais avoir <i>Le
Génois</i><sup>[^7]</sup>,
<i>Le Borée</i><sup>[^8]</sup>
et 3 frégates, je pourrais lui faire faire une très belle
expédition. Faites-moi connaître le temps réel pour une expédition
d’Afrique, et si vous pensez que <i>Le Génois</i> soit prêt. Si
ensuite notre grande expédition réussissait, ces petites escadres
pourraient bien servir à quelque occupation d’éclat importante.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Faites
aussi terminer <i>L’Annibal</i>.<sup>[^9]</sup></font></p>
[^1]: Il a atteint les Antilles le 4 juin, n’ayant pas trouvé l’escadre franco-espagnole de Villeneuve il en repart le 12.
[^2]: Baie de mouillage de la flotte anglaise, à la jonction de l’embouchure de la Tamise.
[^3]: Celle de De Winter.
[^4]: C’est un lapsus, voir n° 10241.
[^5]: Commandant l’escadre du Ferrol.
[^6]: Schimmelpenninck.
[^7]: Vaisseau de 74 en construction à Gênes.
[^8]: Vaisseau de 74 en construction à Toulon.
[^9]: Minute, Archives nationales, AF IV 867, messidor an XIII, n° 43.</body> |
|---|
| |