CG5-10347.md

identifiantCG5-10347.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/06/25 00:00
titreNapoléon à Eugène, vice-roi d’Italie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10347. - </b>À Eugène, vice-roi d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Modène, 6 messidor an XIII [25 juin 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin, vous trouverez ci-joint deux décrets : l’un ordonne l’établissement d’une promenade et d’un boulevard à Bologne ; mon intention est qu’il y ait quatre allées autour des remparts. Vous aurez soin que le projet vous en soit soumis incessamment pour que vous l’approuviez, et que la municipalité prenne des mesures pour faire planter les arbres dès l’hiver prochain.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Pour subvenir à cette dépense, ainsi que pour améliorer et embellir la promenade qui existe à présent, j’affecte un bien national de 200 à 230 000 livres, que la commune fera vendre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Le second projet de décret est relatif à la grande question des eaux du Reno. Après bien des conférences, j’ai été à même de prendre moi-même un dernier parti, et je me suis décidé à ordonner le versement du Reno dans le Pô. Plus ce parti est grand et présente de responsabilité, plus je me suis convaincu qu’il était nécessaire que je le prisse moi-même. J’ordonne que les dix-sept millions des eaux soient liquidés. Je ne vois pas trop pourquoi la commission de la dette publique a refusé de reconnaître cette dette nationale ; c’est un engagement que j’ai pris avec la République cispadane, il y a plusieurs années.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je vais incessamment prendre un décret pour maintenir la balance entre les universités de Bologne et de Pavie ; j’ai trouvé la première dans un état d’infériorité et de nullité qui contraste avec l’abondance et les privilèges de celle de Pavie. Père de mes peuples, je ne dois admettre aucune différence entre eux, et je vois que cette partie de mon Royaume a été sacrifiée à des intérêts de localité, quand la politique veut que l’on abonde en toutes espèces de grâces pour un pays qui, après avoir été longtemps capitale, se trouve réduit à l’état de province, quatre millions pour l’entretien des deux universités ne sont pas trop.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Faites imprimer le rapport de M. Aldini<sup>[^1]</sup> sur le versement du Reno dans le Pô, non sous son nom, mais en lui ôtant tout ce qui a un caractère officiel et de rapport, et en le convertissant en un grand article de journal qui paraîtra le lendemain de la signature du décret. Je n’admettrai aucune représentation, et mon intention est qu’on travaille sur-le-champ à jeter le Reno dans le Pô.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai été extrêmement satisfait de la ville de Bologne. Cette ville et Brescia sont les plus importantes, les plus énergiques et les plus méritantes du Royaume. Milan aurait tort d’être jalouse de qui que ce soit, puisqu’elle est la seule ville du monde qui ait tant gagné en si peu de temps et avec si peu de sacrifices. D’ailleurs, je ne me refuserai pas à lui donner un bien national de 200 000 francs pour établir sa promenade dans le meilleur état. Je vous ai envoyé des notes pour l’achat d’une maison. Comme la construction d’un palais est un ouvrage qui ne peut être fini qu’en douze ou quinze ans, l’achat d’une maison de campagne est d’autant plus utile qu’il est essentiel pour l’intérêt de l’État que vous passiez un mois au moins chaque année dans le pays.<sup>[^2]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Il exerce les fonctions de secrétaire d’État et de trésorier de la Couronne de fer. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8945, d’après l’expédition communiquée par la duchesse de Leuchtenberg. Minute, Archives nationales, AF IV 867, messidor an XIII, n° 96.</body>