CG5-10310.md

identifiantCG5-10310.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/06/20 00:00
titreNapoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10310. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Mantoue, 1<sup>er</sup> messidor an XIII [20 juin 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je suis enchanté de la petite affaire du capitaine Hamelin<sup>[^1]</sup> : cela fait bien voir ce qu’il est possible de faire avec nos canonnières. On dira ce qu’on voudra, c’est avec des hommes et du canon qu’on se bat, et, quelque avantage qu’on ait pour les marches par une meilleure position, il y a cependant une pratique à admettre et des avantages qui sont aussi propres aux chaloupes canonnières. 4 chaloupes canonnières ne pouvaient tirer que huit pièces de canon, 2 corvettes canonnières n’en avaient que quatre ; cela fait donc douze pièces de canon ; 1 frégate portait quarante canons, 1 corvette, vingt, 1 brick, douze ou quinze, 1 cutter autant : ainsi voilà nos douze pièces de canon qui ont tenu au large et se sont défendues contre plus de 100 pièces. Je demande si, en place de ces 6 canonnières, qui ne m’emploient pas plus de 150 hommes d’équipage, qui ne valent pas plus de 200 000 francs de matériel, on eût mis 1 frégate et 1 brick : la frégate eût sans doute été prise par la division ennemie. Qu’est-ce que je veux en conclure ? C’est que, dans un combat qui aurait lieu devant Boulogne, si une vingtaine de prames et 200 chaloupes canonnières se mettaient en tirailleurs entre les combattants, ce seraient des mouches qui feraient de terribles piqûres aux escadres anglaises. Je veux en conclure aussi qu’aux environs de thermidor toutes les chaloupes canonnières des environs de Brest doivent être armées, que tous les canonniers du port et autres des environs doivent les armer ; qu’on doit y mettre de bonnes garnisons et qu’elles doivent sortir avec mon escadre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">On ne peut pas dire qu’elles se sont vues de loin, puisqu’elles ont perdu beaucoup de monde, et l’ennemi beaucoup ; c’est une petite affaire qui est charmante. Je désire que vous me proposiez des récompenses pour ceux qui se sont distingués. Vous voyez que les canonnières reçoivent des boulets dans le corps, dans la mâture, et qu’elles ne coulent pas.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Pressez le départ des bâtiments du Havre ; il est bien temps qu’ils arrivent à Boulogne.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Pressez aussi Verhuell de se réunir à Ambleteuse.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Faites-moi connaître de quel corps étaient les garnisons de la petite flottille qui s’est distinguée au combat de Fécamp.<sup>[^2]</sup></font></p> [^1]: Il commande l’aile gauche de la flottille à Boulogne. [^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 867, messidor an XIII, n° 18.</body>