CG5-10296.md

identifiantCG5-10296.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/06/19 00:00
titreNapoléon à Eugène, vice-roi d’Italie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10296. - </b>À Eugène, vice-roi d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Mantoue, 30 prairial an XIII [19 juin 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin, je reçois votre circulaire au ministre de l’Intérieur<sup>[^1]</sup>. Il est inutile de parler de la France : cela peut se faire en conversation ; mais, les circonstances n’étant pas les mêmes, ce n’est ni de la bonne logique ni de la bonne politique que de citer la France ou un autre pays. La circulaire est trop étendue, l’autorité raisonne moins et s’explique plus brièvement. Vous auriez mieux écrit en six lignes :</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">« Monsieur Felici, ministre de l’Intérieur (à ce propos, il est nécessaire que vous arrêtiez votre protocole, soit pour commencer, soit pour finir vos lettres, afin d’avoir de l’uniformité et de la dignité). L’intention de Sa Majesté est que la magistrature de révision soit supprimée, et qu’aucune espèce de censure ne soit exercée sur la presse, et que, dans le cas de la non connaissance de l’auteur, le libraire soit responsable de ce qu’il y a, dans l’écrit qu’il débite, de contraire à l’ordre public, à l’intérêt ou à l’honneur des particuliers<sup>[^2]</sup>. Sa Majesté entend cependant que, sept jours avant de mettre un ouvrage en vente, une copie en soit envoyée au ministre de l’Intérieur, afin que, s’il contient quelque chose de contraire à l’ordre public, la publication en puisse être arrêtée ; l’ouvrage pourra aussi être arrêté toutes et quantes [sic] fois il sera reconnu contraire au Gouvernement et au bien public. Présentez-moi donc un projet <i>de décret</i> pour atteindre ce but. »</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Votre circulaire a l’inconvénient de contenir, en quatre pages, un grand nombre de dispositions législatives et réglementaires. Une lettre à un ministre ne doit avoir pour objet que de lui donner l’initiative pour qu’il vous présente un projet de décret, ou que de discuter quelques points relatifs à l’exécution d’une loi ou d’un règlement existant ; mais, lorsqu’il s’agit de peines, on ne peut parler que par une loi, un règlement, un décret.<sup>[^3]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Felici. [^2]: Voir CG5-10271. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8908, d’après l’expédition communiquée par la duchesse de Leuchtenberg. Minute, Archives nationales, AF IV 866, prairial an XIII, n° 157. Extrait [catalogue de vente], Laurin-Guilloux-Buffetaud, <i>Autographes et documents historiques</i>, Drouot, 28 et 29 novembre 1996, p. 97, n° 533.</body>