| identifiant | CG5-10289.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/06/18 00:00 |
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| titre | Napoléon à PRINA, ministre des Finances du Royaume d’Italie |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10289. - </b>À PRINA, ministre des Finances du Royaume d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Mantoue, 29 prairial an XIII [18 juin 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Voici mes
observations sur la loi de Finances<sup>[^1]</sup>
:</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">1804. —
La manière dont l’état est fait évite les détails. Je crois
qu’il ne montera pas au chiffre fixé par la loi du 21 m[…]<sup>[^2]</sup> ;
1 500 000 francs ont été portés pour l’extraordinaire<sup>[^3]</sup> ;
vous ne portez que 1 027 000 francs. Il avait été mis
beaucoup davantage que ce qui est porté aux ministères des Finances
et de la Justice. Si cela est dans les états, votre tableau portera
des chiffres non d’après la loi ; on pourra les vérifier, ou
les reconnaîtra faux, et votre compte sera discrédité. Cela m’a
porté à ne rien changer au texte de la loi, ou au tableau, et vous
direz dans votre compte, pour arriver au même résultat, que le
débet monte à 400 000 francs ; car dans les comptes des
Finances il me faut être exact, concis et vrai. Pensez que votre
budget va être lu dans toute l’Europe et scruté par les hommes à
argent.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai
porté le revenu de 1805 à 88 670 000 francs ; et, à
cet effet, j’ai augmenté l’extraordinaire des domaines ou la
vente des domaines nationaux de dix millions ; et j’ai porté
à la dépense 600 000 francs pour les pensions ecclésiastiques,
et 800 000 francs pour les pensions civiles ; non que mon
intention soit de déroger à mon principe de payer tous les six mois
les pensions, mais parce que ce mode, qui tient à l’ordre général
des finances, est une impérieuse économie d’un retardement de
payement. J’ai bien pensé que ces dix millions ne rentreront pas
dans l’année, puisqu’il faut y prélever quatre millions pour
suffire à l’année 1804 ; mais, d’un autre côté, tous les
fonds d’argent des départements ne seront pas consommés en 1805,
et j’ai l’espoir d’économiser deux millions sur les
différences des dépenses départementales. Les onze millions qu’il
doit à <…>, de 1 million pour servir au Conseil d’État,
400 francs pour les [livres] et les 50 000 francs pour le culte.
Mais, je vous le répète, mon intention n’est point de payer tous
les deux ou quatre mois, mais tous les six mois ; cela tient à
des idées générales de finances auxquelles il faut insensiblement
conduire le pays.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Quant au
budget de 1806, vous remarquerez que je l’ai porté à cent
millions, augmentant de 2 600 000 francs le fonds
extraordinaire des domaines, c’est-à-dire la vente des biens. J’ai
accordé, dans les dépenses, 500 000 francs de plus au Grand
Juge, 500 000 francs de plus aux relations extérieures, un
million de plus à l’intérieur, et 300 000 francs de plus au
fonds de réserve.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous aurez
soin, dans le tableau que vous me ferez de ce qui doit être accordé
à chaque département pour dépenses spéciales en 1805, de me
porter une réserve de 1 500 000 francs, et même, s’il
est possible, de deux millions.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous verrez
que je n’ai fait aucun cas des observations du Conseil d’État
relativement aux fonds d’amortissement. Toutes ces observations
m’ont paru assez ridicules.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Quant au
budget de 1806, si je le puis, je le ferai faire une année d’avance,
quoique les gens qui ont des idées justes et bien pensants en aient
désespéré toujours. C’est qu’en France ce n’est pas
possible, parce que le moindre changement de politique porte cent
millions de différence dans le budget. Les vingt-cinq millions que
le pays paye à la France pour le protéger répondent de tous les
événements et mettent plus de stabilité dans son budget.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Dans votre
discours, faites sentir que le budget de 1805 est hypothétique, mais
que le fonds de réserve est assez considérable pour pouvoir
pourvoir à tout.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Dans votre
discours de 1806, après avoir parlé du Simplon et de Volano<sup>[^4]</sup>,
parlez du canal que j’ai dessein de faire pour enrichir le
Brescian, et des travaux pour mettre les terres de Bologne à l’abri
des ravages du Reno ; et enfin faites sentir que les dépenses
des pensions iront tous les jours en diminuant ; que la dépense
du Simplon sera bientôt à son terme, ce qui permettra de dépenser,
tous les ans, six ou sept millions pour l’amélioration du
territoire.<sup>[^5]</sup></font></p>
[^1]: Voir CG5-10286.
[^2]: Une abréviation sur la minute ne permet pas de trancher entre « mars » et « mai ».
[^3]: <span></span> La <i>Correspondance</i> mentionne <i>pour extraordinaire</i>, mais il convient de lire sur la minute pour l’extraordinaire ; c'est-à-dire sur le budget du domaine de l’extraordinaire.
[^4]: Voir CG5-10293 et 10297.
[^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, prairial an XIII, n° 146.</body> |
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