| identifiant | CG5-10281.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/06/16 00:00 |
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| titre | Napoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10281. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Vérone, 27 prairial an XIII [16 juin 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur
Decrès, je vois par votre lettre du 21, huit heures du matin, que 7
vaisseaux et 2 frégates sont devant Rochefort. Je ne vois pas ce que
l’amiral Ganteaume<sup>[^1]</sup>
pourrait faire. À quoi aboutirait une bataille ? <span style="text-transform: uppercase">à</span>
rien. Faites seulement mettre dans les journaux que les Anglais,
ayant appris que l’escadre de Rochefort était arrivée le 18, ont
envoyé 8 vaisseaux devant ce port, et qu’ils ont affaibli d’autant
leur croisière de Brest ; de sorte que, les 18, 19 et 20, elle
n’était que de 15 vaisseaux ; qu’on ne conçoit pas comment
l’escadre française ne profite pas de cette circonstance. Le
lendemain, un autre journal dira qu’il est fort extraordinaire que
les journalistes se permettent de pareilles réflexions ;
qu’avant de condamner ou d’approuver la conduite d’un amiral,
dans une affaire de cette nature, il faudrait connaître ses
instructions, et que, probablement, comme l’Empereur ne les a pas
fait connaître aux journalistes, tout ce qu’ils disent là-dessus
est fort inutile. Que la flotte de Rochefort se prépare à partir au
premier signal, car les Anglais ne tiendront pas ce blocus.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il est
inutile, dans votre lettre au contre-amiral Gourdon<sup>[^2]</sup>,
de parler de Brest et de la Manche ; il suffit de dire qu’il
marchera, avec l’escadre qui le ralliera, à de nouvelles
opérations. Je trouve que le secret n’est pas assez recommandé ;
il faut lui dire que le prince de la Paix<sup>[^3]</sup>
ne le connaît pas, et que M. de Grandallana<sup>[^4]</sup>
ne doit point le connaître ; qu’il n’y a que moi, vous et
lui au monde qui le sachions ; qu’il doit donc sentir
l’extrême importance et l’extrême nécessité de se taire. Je
ne veux pas que M. de Grandallana commande mon escadre. Je
regarderais mon expédition comme manquée si on la savait en
Espagne, ce serait capable de tout compromettre. J’ai donc brûlé
cette lettre, comme étant intempestive. Vous n’avez qu’un mot à
dire au prince de la Paix : qu’ayant ordonné à mon escadre du
Ferrol de se rendre à la Corogne, j’ai jugé que l’escadre
espagnole devait en faire de même. N’entrez dans aucun détail de
place ou non place. Je crains aussi que, si les escadres combinées
se tiennent à la voile, elles n’attirent une grande quantité
d’ennemis au Ferrol, et, par contrecoup, sur la ligne d’opérations.
Dans toutes les affaires, il faut laisser quelque chose aux
circonstances. Je ne sais jusqu’à quel point il est nécessaire de
prescrire aux escadres de se rendre à la Corogne ; je ne
connais pas assez les localités : toutefois il me semble qu’il est
beaucoup plus simple que Gourdon s’y porte, et d’écrire au
prince de la Paix d’y envoyer les vaisseaux espagnols qui
pourraient s’y porter. Le petit nombre de vaisseaux qui resteront
au Ferrol auront toujours plus de facilité à sortir. Ne prononcez
ni le mot de Brest ni celui de la Manche à qui que ce soit. Je ne
sais pas d’ailleurs jusqu’à quel point le Gouvernement espagnol
voudrait concourir à un projet de cette espèce. Aussi ai-je
toujours éludé quand on m’a demandé mon secret. Quant à vous,
votre réponse est simple : vous devez dire que vous ne le savez
pas.<sup>[^5]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Commandant l’escadre de Brest.
[^2]: Commandant l’escadre française du Ferrol.
[^3]: Godoy.
[^4]: Commandant l’escadre espagnole du Ferrol.
[^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8897, d’après l’expédition communiquée par la duchesse Decrès. Minute, Archives nationales, AF IV 866, prairial an XIII, n° 141.</body> |
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