CG5-10272.md

identifiantCG5-10272.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/06/14 00:00
titreNapoléon à Eugène, vice-roi d’Italie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10272. - </b>À Eugène, vice-roi d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Montirone, 25 prairial an XIII [14 juin 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin, mon intention est de réunir les deux bataillons de ma Garde à pied en un seul régiment, ayant un seul conseil d’administration ; de les composer de six compagnies, de 75 hommes chaque, ce qui fera 900 hommes à pied ; tous ceux qui existent auront droit d’y rester ; de former une compagnie d’artillerie légère à 60 hommes ; et enfin de réunir les deux escadrons de cavalerie en un seul escadron, composé de deux compagnies, chacune de 160 hommes, dont 100 seulement à cheval. Ma Garde ainsi composée me coûterait environ 1 500 000 francs. Je maintiendrai cette Garde comme devant servir de passage à ma Garde définitive, que j’aurais le projet d’organiser de la manière suivante :</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">1° Quatre compagnies de Gardes d’honneur<sup>[^1]</sup>, savoir : une de Milan, une de Bologne, une de Brescia, et une dernière qui aurait le nom de Romagne. Elles seraient composées de 60 hommes à cheval et de 40 à pied, et formées de jeunes gens de l’âge de la conscription et même de deux ans au-dessous, pris dans les familles riches, de manière qu’ils pussent verser 400 livres de Milan<sup>[^2]</sup> dans la caisse de la compagnie et avoir en outre une pension de 600 livres.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">2° Deux bataillons à pied composés chacun de huit compagnies de 75 hommes chacune et formées par des jeunes gens de la conscription, qui verseraient dans la caisse de ce corps 200 livres de Milan.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">3° Une compagnie d’artillerie de 60 hommes à cheval, et une compagnie de gendarmerie de pareil nombre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faudrait voir ce qu’on penserait à Milan de cette organisation et des dispositions des jeunes gens, et si l’on ne pourrait pas les obliger à y entrer en n’admettant pas de remplacement pour la conscription dans la ligne. Cette Garde ainsi organisée, on laisserait insensiblement dépérir la première. Mon but, en appelant ainsi les jeunes gens des principales familles, est de faire une révolution dans les mœurs. On donnerait des maîtres pour l’éducation de cette jeunesse. Les soldats de la Garde auraient le privilège d’entrer au bout de deux ans dans les corps, comme sous-lieutenants pour les Gardes d’honneur, et sergents pour la Garde à pied. Cette Garde organisée, on aurait ainsi organisé la nation.<sup>[^3]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Les Gardes d’honneur sont une composante de la Garde royale italienne, composée d’hommes issus de la noblesse et des familles les plus fortunées du Royaume d’Italie. Le corps des Gardes d’honneur sera créé par décret royal du 20 juin 1805 et sera effectivement composé des 4 compagnies définies ici par Napoléon. [^2]: Cent livres valent environ 77 francs. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8896, d’après l’expédition communiquée par la duchesse de Leuchtenberg. Minute, Archives nationales, AF IV 866, prairial an XIII, n° 131.</body>