CG5-10258.md

identifiantCG5-10258.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/06/12 00:00
titreNapoléon à Eugène, vice-roi d’Italie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10258. - </b>À Eugène, vice-roi d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Brescia, 23 prairial an XIII [12 juin 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin, le mémoire sur l’Instruction publique ne me paraît pas assez soigné ; ou n’a pas assez expliqué ce que devait payer chaque élève ; car, avec le peu de revenus qu’ont les maisons, tels qu’ils sont portés aux états, il est impossible qu’elles puissent entretenir ce nombre d’élèves gratis. Je joins des notes pour servir à la rédaction d’un projet de décret pour instituer l’université de Pavie, qui a 100 ou 150 000 livres de rente, en école militaire, sur le même plan que celle de Fontainebleau. Il faudrait ajouter qu’il serait joint aux universités de Pavie et de Bologne une chaire militaire et des maîtres de dessin et de fortification. De cette chaire militaire ferait partie un maître de tactique, qui montrerait tout le mouvement des armes. L’école de Pavie formerait un bataillon ; et, dès la première année, ce bataillon serait composé de deux compagnies, composées d’un sergent-major, 4 sergents, 8 caporaux et 80 soldats ; un chef de bataillon nommé par le gouverneur aurait la police sur toute cette jeunesse. Le professeur de tactique ferait les fonctions d’un adjudant-major. Chaque élève arrivant à l’université serait enrôlé dans une compagnie. Il irait une fois par jour à l’exercice, de manière qu’il soit en un mois à l’école du bataillon. Les élèves s’exerceraient quatre heures tous les dimanches. Chaque élève qui sera nommé sera tenu d’avoir un habit d’uniforme national.<sup>[^1]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><br/> </p><p><br/> </p><p style="font-variant: small-caps"><font size="3" style="font-size: 12pt">NOTE SUR L’ORGANISATION DE L’ECOLE MILITAIRE DE PAVIE</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">1° Le collège national de Pavie sera organisé en École royale militaire.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">2° Il sera disposé de manière à pouvoir contenir 200 jeunes gens.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">3° La discipline et l’instruction seront les mêmes qu’à l’École mili­taire de Fontainebleau, hormis qu’au lieu de deux bataillons il n’y aura que deux compagnies, commandées chacune par un capitaine, un lieutenant et deux sous-lieutenants, sachant parfaitement les manœuvres, chargés de leur apprendre la discipline militaire. Ils vivront par chambrée, à la gamelle<sup>[^2]</sup>.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">4° Les élèves seront reçus depuis seize ans jusqu’à vingt.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">5° Tous les biens appartenant à ce collège seront administrés par un conseil d’administration. Le produit de ces biens devra servir à l’entretien de 60 élèves, ainsi qu’aux dépenses des professeurs.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">6° Les pensionnaires n’y seront admis qu’avec l’approbation du Roi.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Ils devront être âgés d’au moins seize ans, être bien constitués, et payer 1 200 livres de Milan de pension<sup>[^3]</sup>.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">7° Leur service leur comptera comme soldats à l’École, et, après deux ans d’éducation, ils entreront dans l’armée avec le grade de sous-lieutenant.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">8° Les places aux nominations du Gouvernement seront données aux jeunes gens de l’université de Pavie qui montreraient le plus de dispositions, qui auraient plus de seize ans et désireraient entrer dans la carrière militaire.<sup>[^4]</sup></font></p><h4>Napoléon</h4><p><font size="3" style="font-size: 12pt">NOTES</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">En faisant des chambrées, on tiendra 400 hommes. Ce collège a, dit-on, 100 000 francs de revenu ; il doit en avoir davantage ; on pourra d’ailleurs vendre tout ce qui est mauvais revenu, et le placer sur le Monte-Napoleone. Avoir soin de faire faire une liste d’un millier de livres français, comme les <i>Hommes illustres</i> ; tout ce qui peut franciser les élèves. On y mettra un professeur de langue française ; il faut transporter tous les droits patronaux de ce collège sur un autre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Comme Brera est une espèce d’université, je désirerais qu’on l’organisât militairement.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">On pourrait établir une troisième École militaire à Milan, en y adaptant les revenus des deux collèges nationaux ; on y faisait des prêtres ; maintenant il faut des militaires.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">S’occuper sur-le-champ des deux universités. Il faut que dans quatre mois les projets pour Brera, Vérone, Reggio, Brescia, etc., soient faits.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faut aussi cette distinction, que 400 de ces jeunes gens sortiront comme officiers, et que les huit ou dix autres collèges seraient organisés de manière qu’on en sortirait sergent ou fourrier, dès lors, s’il faut 1 000 ou 1 200 livres pour les premiers, il faut tâcher qu’il ne faille que moitié pour les seconds. La lecture, la langue française, un peu d’arithmétique, les premières idées de la géométrie et toutes les manœuvres de l’artillerie et de l’infanterie sont suffisantes pour ces derniers.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faut dire qu’ils seront citoyens du Royaume, afin qu’on n’apprenne pas l’exercice aux étrangers ;</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Que ceux qui seront sur les matricules de ces bataillons, s’ils entraient dans la carrière militaire, leur service leur compterait du jour où ils seront inscrits sur les matricules, pourvu qu’ils aient seize ans ;</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Que le directeur de l’université nommera les sergents et caporaux ; que le gouverneur de l’École militaire signera leur nomination ; qu’il s’assurera avant qu’ils savent bien l’exercice et l’école de peloton ;</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Que les estropiés et ceux de mauvaise santé ou n’ayant pas quatre pieds onze pouces ne seront pas admis dans ledit bataillon.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mettre un titre pour organiser la salle d’armes ; le ministre de la Guerre<sup>[^5]</sup> nommera un armurier pour les entretenir.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">La salle d’armes sera dans l’École royale militaire ; les élèves s’y rendront pour les prendre et les y rapporteront après l’exercice.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Organiser à Bologne une École militaire semblable à celle de Pavie, et ajouter tous les fonds de l’instruction qui sont à Bologne ou même à Ferrare, Modène, de manière à donner 100 000 francs de rente à ce collège, et, enfin, faire un seul projet de décret de ces deux.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Pour le projet de décret sur l’école militaire de Pavie, les élèves les plus instruits, comme il résultera de l’examen qui en sera fait, pourront, après une ou deux années qu’ils auront passées à l’école, être envoyés à l’école de Modène, pour remplir les places vacantes de cette école.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Ajouter l’article : qu’ils mangeront à la gamelle, seront en chambrées et iront prendre leur dîner à la cuisine.<sup>[^6]</sup></font></p><h4>Napoléon</h4> [^1]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8882, d’après l’expédition communiquée par la duchesse de Leuchtenberg. Minute, Archives nationales, AF IV 866, prairial an XIII, n° 124. [^2]: Récipient où se trouve servi le repas collectif pour la chambrée. [^3]: Environ 1 000 francs. [^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8883, d’après l’expédition communiquée par la duchesse de Leuchtenberg. [^5]: Pino. [^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8884, d’après l’expédition communiquée par la duchesse de Leuchtenberg.</body>