CG5-10254.md

identifiantCG5-10254.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/06/12 00:00
titreNapoléon à Eugène, vice-roi d’Italie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10254. - </b>À Eugène, vice-roi d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Brescia, 23 prairial an XIII [12 juin 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin, j’ai reçu votre lettre sans date. Je pense que vous avez raison d’essayer pendant plusieurs jours quel est le meilleur président du Conseil d’État. Mais je crois nécessaire que, quand vous en aurez essayé plusieurs, vous fixiez votre choix sur un, car il est impossible de maîtriser les délibérations du Conseil, et il y en a toujours un qui prend de l’ascendant et qui, étant sûr de présider quelque temps, maîtrise un peu les affaires. Prenez un décret qui divise le Conseil législatif en sections. Le nombre des membres est complet.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je pense que M. Guastavillani peut être indemnisé de la perte de sa place au Conseil législatif par celle de gouverneur du palais de Brescia, à laquelle je le crois plus propre ; parlez-lui-en<sup>[^1]</sup>.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">La censure détruit les journaux ; il faut déclarer que le Gouvernement ne peut répondre des sottises qu’ils peuvent dire, mais que les journalistes en répondront personnellement. Je ne me dissimule pas que cette mesure a quelque inconvénient, mais il y a aussi dans le vague de la liberté de la presse quelque chose dont il est bon de profiter, et, quoique mon intention ne soit point de laisser aux journaux la liberté que les constitutions anglaises laissent aux journaux anglais, je ne veux point qu’on la règle comme on le fait à Vienne ou à Venise. Il faut qu’ils puissent mettre quelque article vague contre telle ou telle puissance, et qu’on puisse répondre aux ambassadeurs. Faites une plainte : on les poursuivra devant les tribunaux, ou l’on s’en fera rendre compte.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je ne connais pas M. Bossi<sup>[^2]</sup>. C’est M. Melzi qui me l’a donné comme un très bon sujet. J’approuve que vous ayez suspendu sa nomination. Voyez M. Melzi, et comparez ce qu’il vous en dira avec ce que vous en savez ; par là vous serez à même de juger de la vérité des faits. Je vous recommande de montrer des égards à M. Melzi, d’en bien parler, de le bien accueillir et de laisser entrevoir que sa protection est une protection efficace. Cela est utile dans un pays où une pareille conduite paraît extraordinaire, où les hommes sont naturellement portés à être faibles et faux, et à desservir et mal parler de celui qu’ils croient tombé. Parlez de lui comme d’un homme qui n’a rien perdu dans mon esprit et dont j’ai toujours été satisfait.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je ne vois pas d’inconvénient à ce que vous gardiez les insignes d’Italie, qui doivent être placés, comme vous le dites fort bien, près du trône.</font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je vous envoie un décret par lequel j’ai nommé le cardinal Dugnani<sup>[^3]</sup> évêque de Brescia.<sup>[^4]</sup></font></p><p><br/> </p> [^1]: Voir CG5-10270 et 10376. [^2]: Luigi Bossi, nommé auditeur au Conseil d’État le 29 juin. [^3]: Voir CG5-10283. [^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8880, d’après l’expédition communiquée par la duchesse de Leuchtenberg. Albert Du Casse (<i>Mémoires et correspondances politique et militaire du Prince Eugène</i>, Michel Lévy frères, 1858, t. I, p. 126.) ne publie pas le <i>P. S.</i> Minute, Archives nationales, AF IV 866, prairial an XIII, n° 120-2.</body>