CG5-10121.md

identifiantCG5-10121.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/05/24 00:00
titreNapoléon au pape Pie VII
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10121. - </b>Au pape Pie VII</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Milan, 4 prairial an XIII [24 mai 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai reçu la lettre que Votre Sainteté a bien voulu m’écrire en date du 18 mai. J’avais déjà été instruit de son heureuse arrivée à Rome. J’ai ressenti un vrai plaisir d’apprendre que sa santé s’était bien soutenue, et qu’elle n’avait point éprouvé de malaise du changement de climat et des fatigues d’un si grand voyage.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Un de mes premiers soins, à mon arrivée ici, a été de prendre un décret pour la mise à exécution du Concordat<sup>[^1]</sup> ; Votre Sainteté peut donc le faire publier à Rome, sans aucune espèce de doute. Ainsi toutes les choses sont arrangées d’une manière convenable.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je recevrai demain le cardinal Caprara<sup>[^2]</sup> comme son légat, et c’est dimanche qu’aura lieu la cérémonie de mon couronnement que j’ai retardée, parce que tout n’était pas prêt. J’ai bien rencontré avec le temps ; car il a fait très mauvais jeudi, qui était le jour d’abord fixé.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Le ballon, si heureusement arrivé à Rome, qui avait été lancé à Paris le jour du sacre, me semble devoir être conservé précieusement en mémoire de cet événement extraordinaire ; je désirerais que Votre Sainteté voulût le faire mettre dans un endroit particulier où les voyageurs pussent le voir, et qu’une inscription constatât qu’en tant d’heures il est arrivé à Rome.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai parlé plusieurs fois à Votre Sainteté d’un jeune frère de dix-neuf ans<sup>[^3]</sup>, que j’avais envoyé sur une frégate faire la guerre en Amérique, et qui, après un mois de séjour aux États-Unis, s’est marié à Baltimore... avec une protestante, fille d’un négociant de cette ville. Ce jeune homme vient de rentrer. Il sent toute sa faute. J’ai renvoyé mademoiselle Paterson, sa soi-disant femme, en Amérique. Le mariage est nul. Un prêtre espagnol a assez oublié ses devoirs pour leur donner la bénédiction. Je désirerais une bulle de Votre Sainteté<sup>[^4]</sup>, qui effaçât la trace de ce mariage. Je lui envoie plusieurs mémoires, dont un du cardinal Caselli<sup>[^5]</sup>, dont elle reconnaîtra l’écriture. Il me serait facile de faire casser ce mariage par l’archevêque de Paris<sup>[^6]</sup> ; l’Église gallicane ne reconnaît point ces sortes de mariages ; mais il paraîtrait plus convenable que l’intervention immédiate de Votre Sainteté donnât de l’éclat à cette affaire, ne serait-ce que parce qu’il s’agit d’un membre d’une maison souveraine. Je prie Votre Sainteté de ne point donner de publicité à cette première communication, car ce ne sera que lorsqu’elle m’aura fait connaître qu’elle l’agrée que je lui en ferai faire les instances publiques. Il est important, sous bien des rapports, et pour l’intérêt même de la religion en France, qu’il n’y ait point aussi près de moi une fille protestante ; car il serait d’un exemple dangereux qu’un mineur, enfant distingué, soit exposé à une séduction pareille contre les lois civiles et contre toute espèce de convenances.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Votre dévot fils, l’Empereur des Français, Roi d’Italie.<sup>[^7]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Le Concordat italien. [^2]: Légat du pape en France et archevêque de Milan. Le dimanche 26 mai, il couronnera Napoléon comme roi d’Italie. [^3]:  Jérôme Bonaparte. [^4]: <span></span> Voir CG5-10037. <p class="sdfootnote-western">Le 27 juin Pie VII adressera à Napoléon une lettre concluant l’indissolubilité du mariage, même entre un catholique et une protestante.</p> [^5]: Évêque de Parme. [^6]: <span></span> M<sup>gr</sup> de Belloy. [^7]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8781, d’après l’expédition communiquée par le Gouvernement pontifical. Copie de la minute des Archives nationales, Archives du ministère des Affaires étrangères, Correspondance politique, Rome, vol. 938, fol. 146 et 147.</body>
auteurs
destinataire
lieu