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CG5-10034.md| identifiant | CG5-10034.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/05/12 00:00 |
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| titre | Napoléon à Schimmelpenninck, grand pensionnaire de la République batave |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10034. - </b>À Schimmelpenninck, grand pensionnaire de la République batave</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Milan, 22 floréal an XIII [12 mai 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Nous avons
appris avec plaisir que le peuple batave et la constitution de votre
patrie vous avaient appelé à la première magistrature<sup>[^1]</sup>.
Vous ferez le bien de votre patrie en la rendant utile à l’alliance
qui nous unit. Chercher des moyens de prospérité pour la Hollande
autre part que dans notre amitié et notre confiance et dans le
rétablissement de la paix, ce serait se faire de vaines illusions.
C’est pour n’avoir point senti ces principes que les
Gouvernements qui vous ont précédé ont mal secondé l’alliance
et ont cherché quelquefois, au moins autant qu’il était eu eux,
des refuges dans la protection des puissances étrangères et dans
les ménagements de l’Angleterre, en favorisant indirectement son
commerce et ses intérêts.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon très
fidèle allié le roi d’Espagne a été réveillé par l’événement
de Sainte-Marie et s’est occupé sérieusement de rétablir sa
marine. Plusieurs de nos escadres se sont déjà combinées. Votre
République, cependant, ne nous offre que 5 vaisseaux de guerre, ce
qui permet à l’ennemi de ne tenir à sa croisière d’Yarmouth
que 6 ou 7 vaisseaux. Toutefois, c’est de votre patriotisme éclairé
et de votre bonne administration que nous attendons l’amélioration
de votre marine, et nous espérons que votre escadre du Texel<sup>[^2]</sup>
sera portée avant le 1<sup>er</sup> thermidor à 8 vaisseaux de
guerre, et avant le 1<sup>er</sup> vendémiaire prochain à 11 ou
12 ; ce qui aurait le double résultat d’obliger l’ennemi à
tenir 12 ou 15 vaisseaux devant le Texel et d’assurer des
opérations qui sont déjà commencées et que nous désirons
agrandir aux Grandes Indes. Un effort soutenu d’un an peut nous
conduire à une paix sûre et honorable. Le convoi que vous portez à
l’armée<sup>[^3]</sup>
doit d’ailleurs être toujours prêt, afin de pouvoir se combiner
avec les opérations de notre flottille.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Faites bien
connaître au commerce de votre pays ces vérités : que
l’Angleterre, après être arrivée au plus haut point de sa
prospérité, est sur son déclin et ne peut plus que perdre. Par le
bien que nous voulons à nos fidèles alliés les Hollandais, dans la
chute que nous croyons imminente des affaires financières de
l’Angleterre, notre intention est qu’ils y éprouvent le moins de
pertes possible.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">De toutes
les entreprises que l’Angleterre peut faire, je n’en vois qu’une
qui soit raisonnable, c’est la conquête du Cap de Bonne-Espérance.
J’ai vu vraiment avec peine que les agents qui s’y trouvent ne
sont point d’accord et avaient refusé de recevoir un renfort de
Français qu’y avait envoyés le capitaine général de nos
possessions aux Indes. Je pense qu’il est urgent actuellement
d’envoyer partout des instructions pour que nos opérations se
combinent aux Indes.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il est
scandaleux que 5 vaisseaux et plusieurs frégates que vous avez aux
Indes n’aient fait aucune espèce de mal aux Anglais, tandis que la
croisière que nous avons dans ces mers<sup>[^4]</sup>,
dont la force est moindre du tiers que la vôtre, a fait un tort
notable à leur commerce.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Le
gouverneur de Batavia doit être changé. N’employez point les
hommes qui, sous la maison d’Orange, ont vendu des colonies. Dans
toutes les époques, dans toutes les circonstances, il n’y a qu’un
traître qui obéisse à un souverain au pouvoir de l’ennemi ;
cela s’applique moins à tout autre qu’au stathouder, qui n’a
jamais été souverain.<sup>[^5]</sup></font></p>
[^1]: Schimmelpenninck vient d'être nommé Grand Pensionnaire, c'est-à-dire chef du Gouvernement de Hollande.
[^2]: Celle de De Winter.
[^3]: La flottille de Verhuell.
[^4]: Celle de Linois.
[^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, floréal an XIII, n° 140.</body> |
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