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CG5-10016.md| identifiant | CG5-10016.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/05/10 00:00 |
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| titre | Napoléon à Cretet, directeur général des Ponts et Chaussées |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10016. - </b>À Cretet, directeur général des Ponts et Chaussées</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Milan, 20 floréal an XIII [10 mai 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur
Cretet, je reçois votre lettre du 6, par laquelle vous me rendez
compte de ce que rendent les bassins de la Loire, de la Charente, de
la Seine et du Rhône.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il est
essentiel d’organiser promptement les bassins de la Garonne, du
Rhin, de l’Escaut, de la Vilaine, de la Somme, de la Saône, du Pô.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous me
dites que le produit des octrois de ces quatre bassins peut être
évalué, pour l’an XIII, à 1 600 000 francs ; ce
qui peut faire supposer que le produit total des bassins des rivières
de France est de plus du double. Une ressource aussi considérable
est tout à fait due au zèle et à la suite que vous avez portés
dans cette partie de l’administration. Je désirerais également
que l’emploi de ces fonds fût arrêté par un budget, ce qui
n’empêchera pas de suivre la loi pour les autres bassins ;
soumettez-moi donc le budget de l’an XIII pour que je l’approuve.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Faites-moi
connaître qui perçoit les droits : sont-ce les droits réunis, ou
des agents que vous nommez directement ? Les fonds sont-ils versés
au Trésor public ?</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai lu
avec intérêt l’article de la navigation de la Seine. Je désire
que vous donniez plus de développement à vos observations. D’abord
quelles sont les objections qu’il y a contre les écluses de
vingt-quatre pieds ? J’ai en vain provoqué l’ingénieur de
Troyes de me les faire connaître.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">L’économie
d’eau, qui me paraît devoir être l’objection la plus forte,
n’en est pas une dans un fleuve. Quant à la construction en bois,
j’approuve que les constructions, depuis Méry jusqu’à Marcilly,
soient faites en pierre, et mon projet est bien de convertir en
pierre les écluses en bois qui iront jusqu’à Troyes,
progressivement et à mesure qu’elles se détérioreront. Je ne
vois pas d’inconvénient à ce que vous fassiez construire une
écluse à Bar-sur-Seine. Je n’ai pu voir qu’avec grand intérêt
les améliorations que vous projetez pour l’Yonne, la Marne, l’Oise
et l’Eure. Le temps va arriver où je pourrai dépenser douze à
quinze millions l’an, indépendamment de l’octroi, pour améliorer
cette partie de l’administration, qui excite toute ma sollicitude.
Ce n’est point de palais ni de bâtiments que l’empire a besoin,
mais bien de canaux et de rivières navigables.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">La
navigation du Pô est tout à fait négligée. Je n’ai point trouvé
assez d’ingénieurs ; je désirerais qu’il y eût un
ingénieur divisionnaire chargé des six départements de la 27<sup>e</sup>
division militaire<sup>[^1]</sup>,
indépendamment de celui du Mont-Cenis et du Montgenèvre. Nos
ingénieurs là ne savent rien ; il y en a qui y sont depuis
trois ou quatre ans et qui ne savent pas combien il y a de moulins
sur une rivière.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous me
manquez ici ; cependant je ne veux point que vous pressiez votre
voyage ; je vous engage, au contraire, à ne vous mettre en
route que lorsque vous serez en état de supporter la fatigue. Un
homme malade qui veut agir comme s’il se portait bien prolonge sa
maladie et se paralyse pendant un plus long temps.<sup>[^2]</sup></font></p>
[^1]: Voir CG5-9993.
[^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, floréal an XIII, n° 124.</body> |
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