| identifiant | CG5-10009.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/05/09 00:00 |
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| titre | Napoléon à Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 10009. - </b>À Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Milan, 19 floréal an XIII [9 mai 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur
mon frère, ce qui m’a <i>été agréable</i> dans la lettre de
Votre Majesté<sup>[^1]</sup>,
ce sont les choses aimables qu’Elle a bien voulu me dire. J’ai
donné l’ordre que des passeports soient expédiés à la personne
que l’empereur Alexandre voudra envoyer. Mais j’attends peu
d’effet d’une négociation détournée, qui peut tout compliquer
et ne peut conduire à rien de définitif. La Russie est trop loin,
trop étrangère aux intérêts coloniaux et maritimes, les
Vorontzof<sup>[^2]</sup>
trop vendus à l’Angleterre, le caractère de l’empereur
Alexandre trop incertain et trop faible, pour que, raisonnablement,
on puisse espérer rien de bon pour la paix générale. La Russie ne
peut pas être partie, puisqu’elle n’est pas en guerre ;
elle le serait que je ne l’y admettrais pas à <i>traiter avec
l’Angleterre</i>, à moins d’y être contraint par la force. Elle
ne peut pas être médiatrice, puisque ses relations sont
interrompues avec la France. Votre Majesté connaît trop bien
l’Angleterre pour ne pas savoir que, si le conseil royal voulait la
paix, il n’aurait pas fait tenir au roi le discours qu’il a
prononcé au Parlement. Toutes les fois que l’on fait passer les
propositions à Saint-Pétersbourg pour arriver à Paris, on ne veut
pas s’entendre ; on veut, <i>à Londres</i>, gagner du temps,
fasciner les yeux à ses peuples, peut-être <i>essayer</i> de nouer
une coalition qui tournerait, bien autrement que les deux premières,
à la honte de <i>l’Angleterre</i>. Toutefois, il ne dépendra pas
de moi, si l’on parle le langage de la modération et de la
franchise, que les choses ne prennent un aspect favorable, et que la
malheureuse humanité ne soit consolée. Je pense aussi que
l’empereur Alexandre respecte assez son caractère, apprécie trop
bien ses forces et les miennes pour continuer à tenir à mon égard
une conduite inconsidérée. Toutes les fois que cela est arrivé, je
ne l’ai considéré que comme une conduite ridicule. <i>La Russie
ne devrait pas méconnaître</i> mon caractère et celui de mes
peuples. La Russie n’a le droit de prendre ce ton avec personne,
avec moi moins encore qu’avec qui que ce soit. Monsieur mon Frère,
je veux la paix ; mais je ne puis souscrire à ce que mon peuple
soit déshérité du commerce du monde. Je n’ai point d’ambition ;
j’ai deux fois évacué le tiers de l’Europe sans y être
contraint. Je ne dois à la Russie, sur les affaires d’Italie, que
les comptes qu’elle me doit sur les affaires de la Turquie et de la
Perse. Toute paix avec <i>l’Angleterre</i>, pour être sûre, doit
porter la clause de cesser de donner asile aux Bourbons et aux
émigrés, et de contenir les injures de leurs écrivains. Ces
injures sont méprisables, <i>je le sais</i> ; mais, cependant,
si on les tolère en silence, elles donnent un privilège <i>exclusif
à une nation qui sait se faire un privilège de tout. Il ne me</i>
reste plus qu’à remercier Votre Majesté de ses bons sentiments à
seconder mes intentions pacifiques, qu’à la prier de me continuer
son amitié, et de croire que tous les jours où je puis lui donner
des preuves de la mienne sont des jours heureux pour moi. Je me
plairai à faire connaître à Votre Majesté les suites que pourront
avoir ces premières ouvertures. Sur ce, je prie Dieu, Monsieur mon
Frère, qu’il ait Votre Majesté en sa sainte et digne garde.<sup>[^3]</sup></font></p>
[^1]: Voir CG5-9961.
[^2]: Illustre famille dont plusieurs membres ont occupé des postes diplomatiques importants.
[^3]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, floréal an XIII, n° 121.</body> |
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