| identifiant | CG1-1372.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1797/02/11 00:00 |
| titre | Napoléon au cardinal Mattei, archevêque de Ferrare |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1372. - </b>Au cardinal Mattei, archevêque de Ferrare</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Ancône, 23 pluviôse an V [11 février 1797]</h2><p><br/> </p><p>J’ai reconnu dans la lettre que vous vous êtes donné la peine de m’écrire, M<sup>gr</sup> le Card[inal], cette simplicité de mœurs qui vous caractérise. Vous verrez par l’imprimé ci-joint les raisons qui m’engagent à rompre l’armistice conclu entre la République franç[aise] et Sa Sainteté[^1]. Personne n’est plus convaincu du désir qu’avait la République Française de faire la paix que le Cardinal Busca[^2], comme il avoue dans la lettre à Monseig[neu]r Albani[^3] qui a été imprimée, et dont j’ai l’original dans les mains. On a eu la sottise de se rallier aux ennemis de la France, lorsque les primaires puissances de l’Europe s’empressaient de reconnaître la République, et, de faire la paix avec Elle ; on s’est bercé de vaines chimères, et on n’a rien oublié pour amener la destruction de ce beau Pays. Je n’entendrais jamais aucune proposition qui tendrait à terminer les hostilités entre la Rép[ublique] franç[aise] et S[a] S[ainteté], qu’au préalable on n’ait ordonné, 1) le licenciement des régiments créés depuis l’Armistice ; 2) que l’on ait ôté par une notification publique le commandement de l’armée de S[a] S[ainteté] aux officiers et généraux envoyés par l’Empereur[^4]. Ces clauses remplies, M<sup>gr</sup> le Card[inal], il restera encore à S[a] S[ainteté] un espoir de sauver ses états en prenant plus de confiance dans la générosité de la Rép[ublique] Franç[aise] et en se livrant tout entier, et promptement à des négociations pacifiques. Je sais que S[a] S[ainteté] a été trompée. Je veux bien encore prouver à l’Europe entière la modération du Directoire exécutif de la Rép[ublique] franç[aise] en lui accordant cinq jours, c’est-à-dire jusqu’au 28 pluviôse inclus (ou bien 16 février v[ieux] s[tyle]) pour envoyer un négociateur muni de pleins pouvoirs qui se rendra à Foligno, où je me trouverai[^5], et où je désire contribuer autant qu’il sera en mon pouvoir à donner une preuve éclatante de la modération que j’ai pour le Saint-Siège.</p><p>Quelque chose qui arrive, M<sup>gr</sup> le Card[inal], je vous prie d’être persuadé de l’estime et de la considération avec laquelle je suis, etc.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p><br/> </p> [^1]: <span></span>Armistice de Bologne (23 juin 1796) dénoncé par Bonaparte le 1<sup>er</sup>février. L’imprimé dont parle le général est la proclamation publiée dans la<i>Correspondance</i>(n° 1434). [^2]: Secrétaire d’État, Busca avait imprudemment écrit qu’il fallait s’appuyer sur l’Autriche pour résister à Bonaparte. [^3]: <span></span>Giovanni Francesco<font size="2" style="font-size: 10pt">Albani (1720-1803), neveu de Clément XI, évêque d’Ostie et cardinal, doyen du Sacré Collège (1775), un moment « papabile », il est récusé d’avance par Bonaparte : 1580, 2105.</font> [^4]: Le général Colli en particulier. [^5]: Le pape allait dépêcher quatre légats : les cardinaux Mattei et Galeppi, le duc Louis Braschi et le marquis Camille Massimi. [^6]: <span></span>Fraikin, « Sept lettres inédites de Napoléon I<sup>er</sup>»,<i>Miscellanea Napoléonica</i>, 1899, n° 6, p. 77. Cette lettre a été publiée dans la<i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III </i>(n° 1493) en en retirant quelques expressions blessantes pour le Saint-Siège.</body> |