CG1-1367.md

identifiantCG1-1367.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/02/10 00:00
titreNapoléon au Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1367. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Ancône, 22 pluviôse an V [10 février 1797]</h2><p><br/> </p><p>Nous avons, citoyens Directeurs, conquis en peu de temps la Romagne, le duché d’Urbino et la marche d’Ancône. Nous avons fait à Ancône 1 200 prisonniers de l’armée du Pape. Ils s’étaient postés habilement sur des hauteurs, en avant d’Ancône ; le général Victor les a enveloppés et les a tous pris, sans tirer un coup de fusil. L’Empereur venait d’envoyer au Pape 3 000 très beaux fusils, que nous avons trouvés dans la forteresse d’Ancône, avec près de 120 pièces de canon de gros calibre. Une cinquantaine d’officiers que nous avons faits prisonniers ont été renvoyés avec le serment de ne plus servir le Pape[^1]. La ville d’Ancône est le seul port qui existe, depuis Venise, sur l’Adriatique ; il est, sous tous les points de vue, très essentiel pour notre correspondance de Constantinople : en vingt-quatre heures on va d’ici en Macédoine.</p><p>Aucun gouvernement n’était aussi méprisé par les peuples mêmes qui lui obéissaient que celui-ci. Au premier sentiment de frayeur que cause l’entrée d’une armée ennemie, a succédé la joie d’être délivré du plus ridicule des gouvernements.</p><p>Je vous fais passer les dépêches prises à un courrier arrivant de Saint-Pétersbourg, adressées au grand maître de l’ordre de Malte[^2]. Je crois qu’on pourrait en tirer parti en les envoyant à notre ambassadeur à Constantinople.</p><p>Nos marches ont été un peu rapides et nos troupes ont besoin d’un moment de repos ; après quoi nous nous porterons à Foligno, pour faire notre jonction avec la garnison de Livourne, qui est dans ce moment-ci en marche.</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p><br/> </p><p><i>P. S.</i> Vous trouverez ci-joint les ordres pour la formation des administrations de la Romagne et du duché d’Urbino, ainsi qu’une proclamation à la division Victor[^3].</p><p><br/> </p><p>Le 22, 6 heures du soir.</p><p>Nous sommes maîtres de Notre-Dame-de-Lorette[^4]. Il y avait dans le trésor une valeur de sept millions de francs en or ou argent, et du blé, que nous avons pris. Avant l’arrivée de Colli[^5], il y avait pour huit à neuf millions. Nos troupes y sont.[^6]</p> [^1]: À Sainte-Hélène, Napoléon dira que les prisonniers libérés étaient les meilleurs ambassadeurs de l’armée française auprès des populations. [^2]: Le tsar se dit protecteur de l’Ordre. [^3]: <span></span>Voir<i>Correspondance</i>, n° 1467 et n<sup>o</sup>1457. [^4]: Dans l’église se trouve la Casa Sante, petite maison de la Vierge où l’archange Gabriel serait venu la visiter. Elle aurait été transportée en Dalmatie puis à Lorette par des anges afin d’échapper aux infidèles. Bonaparte fait confisquer les trésors de l’église dont une petite madone en bois qui sera exposée à Paris jusqu’au Concordat qui en entraînera la restitution au Pape. [^5]: Commandant de l’armée pontificale. [^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1475, d’après la Collection Napoléon.</body>
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