| identifiant | CG1-1359.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/02/07 00:00 |
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| titre | Napoléon au Directoire exécutif |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1359. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Pesaro, 19 pluviôse an V [7
février 1797]</h2><p><br/>
</p><p>Le général Bernadotte[^1]
m’écrit de Metz[^2]
pour m’annoncer que les six demi-brigades venant de l’armée de
Sambre-et-Meuse, qui, au compte du général Moreau[^3],
devaient être de 2 400 hommes chacune, ce qui devrait faire
14 400 hommes, n’en font que 12 800. En supposant que les
six autres demi-brigades envoyées par le général Moreau soient
d’égale force, cela ferait 25 000 hommes : pour avoir 30 000
hommes, il faudrait donc encore ordonner le départ de deux
demi-brigades ; vous pourriez nous en envoyer deux de l’armée
de l’Océan.</p><p>Ces corps perdront nécessairement en route du monde ; le
moins qu’ils puissent perdre, c’est 500 hommes chacun, ce qui
réduirait le secours de 30 000 hommes annoncé pour l’armée
à 19 000 hommes ; je crois donc qu’il serait nécessaire
que vous nous envoyassiez encore trois demi-brigades, en les tirant
soit de l’armée des départements de l’intérieur, soit des deux
armées du Rhin. Avec ces cinq demi-brigades de renfort, le secours
extraordinaire envoyé serait de dix-sept demi-brigades. C’est
beaucoup les calculer, si on les porte, arrivées à Milan, à 1 500
hommes, surtout les demi-brigades d’infanterie légère, qui ne
sont guère dans toutes les armées que la moitié des autres ;
ces demi-brigades feraient donc 25 500 hommes. Le secours serait
donc encore inférieur de 5 000 hommes aux 30 000 hommes
que votre intention est d’envoyer à l’armée d’Italie.</p><p>Le général Kellermann[^4]
vous fait un double emploi quand il compte la 40<sup>e</sup>, qui
nous a été envoyée il y a deux mois et qui a été portée sur un
autre envoi. Nous n’avons donc véritablement reçu, des 10 000
hommes annoncés, que la 64<sup>e</sup> et la 13<sup>e</sup>, formant
en tout moins de 4 000 hommes.</p><p>Il m’est annoncé quatre régiments de troupes à cheval des
deux armées, le 15<sup>e</sup> de chasseurs venant de Bourges. Je
vous ai demandé deux escadrons, restés à Bordeaux et à Marseille,
du 18<sup>e</sup> de dragons, deux escadrons du 5<sup>e</sup> de
cavalerie et du 9<sup>e</sup> de dragons restés à Lyon, et les
différents petits détachements de la cavalerie de l’armée qui
sont restés dans la 8<sup>e</sup> division et qu’il est instant de
rallier à leur corps. Si vous pouvez m’envoyer 600 hommes de
grosse cavalerie, 600 dragons et 7 à 800 hommes des différentes
armes de la cavalerie, à pied et armés, et que nous chercherons à
monter avec les chevaux que nous pourrons trouver, je me trouverai
suffisamment fort en cavalerie.</p><p>De l’annonce faite au commencement de la campagne, par le
ministre[^5],
de l’artillerie légère, il nous manque quatre compagnies qui ne
sont jamais venues ; nous en avons le plus grand besoin.</p><p>Je compte mettre en ligne contre les Allemands la légion
lombarde, qui se bat assez bien, mais elle n’est pas à 1 500
hommes. La légion polonaise qu’on lève fournira à peu près
1 500 hommes, qui, avec la légion cispadane, serviront à
garder l’Italie inférieure.</p><p>Je vous prie d’envoyer à l’armée le citoyen Champeaux[^6],
ci-devant chef de brigade du 10<sup>e</sup> de chasseurs et que j’ai
nommé chef de brigade du 7<sup>e</sup> de hussards, qui est très
pillard, mais que Champeaux remettra à l’ordre[^7].</p><p>Je vous recommande de nous envoyer 2 000 charretiers pour
l’artillerie.[^8]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p><br/>
</p>
[^1]: Jean-Baptiste
Jules Bernadotte (1763-1844), général de brigade puis de division
(1794), il s’illustre dans diverses campagnes en Allemagne avant
de passer en Italie (janvier 1797). Il sert au passage du
Tagliamento, s’empare de Palmanova, Gradisca, Laybach et occupe le
Frioul. Envoyé à Paris porter au Directoire des drapeaux pris à
l’ennemi, il revient ensuite dans la péninsule (septembre 1797).
[^2]: Présent sur le Rhin, Bernadotte a été affecté à l’armée
d’Italie le 4 janvier 1797.
[^3]: <span></span>Jean Victor Moreau (1763-1813), général de brigade (1793) puis de
division (1794), commandant de l’armée du Rhin-et-Moselle et de
Sambre-et-Meuse depuis le 1<sup>er</sup>février 1797 pendant que
Bonaparte combat en Italie.
[^4]: François Etienne Kellermann (1770-1835), fils du suivant, adjudant
général chef de brigade à l’armée d’Italie, nommé général
de division en mai 1797. Commandant de l’armée des Alpes.
[^5]: Petiet.
[^6]: Pierre
Clément de Champeaux (1767-1800), cavalier de formation, chef d’une
brigade de hussards à l’armée d’Italie à partir de mars
1797.
[^7]: Champeaux arrivera à l’armée d’Italie dans les semaines
suivantes et prendra la tête des hussards.
[^8]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1465, d’après la
Collection Napoléon.</body> |
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