CG1-1327.md

identifiantCG1-1327.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/01/26 00:00
titreNapoléon au général Kellermann, commandant en chef l’armée des Alpes
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1327. - </b>Au général Kellermann, commandant en chef l’armée des Alpes</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Vérone, 7 pluviôse an V [26 janvier 1797]</h2><p><br/> </p><p>J’ai reçu, mon cher général, votre dernière lettre. Je n’ai point vu votre commissaire, je présume qu’il sera à Milan ; je viens de donner ordre qu’on lui fasse compter les 100 000 francs que vous demandez. Je suis très fâché que la friponnerie de la compagnie Flachat, qui nous a volé cinq millions, m’empêche de vous faire passer l’argent dont vous auriez besoin, mais nous sommes nous-mêmes très à l’étroit ; cependant je crois que nous ne tarderons pas à nous arranger avec le Pape, ce qui nous donnera quelques fonds de disponibles. Je vous prie, mon cher général, de donner des ordres pour qu’on arme avec le plus grand soin les troupes qui passent par Chambéry, et qu’on les engage à avoir soin de leurs baïonnettes, en les prévenant qu’à l’armée d’Italie nous faisons payer 35 sous à tous les soldats qui perdent leurs baïonnettes, et 40 sous lorsque c’est un grenadier.</p><p>S’ils ne mènent pas du tout de canons avec eux, je désirerais que vous pussiez leur donner une pièce de 8 ou une pièce de 12 avec un obusier par demi-brigade. On m’en annonce 15 ; cela ferait 30 obusiers, pièces de 8 ou pièces de 12, qu’il me faudrait. Je vous prie aussi de leur faire donner un caisson d’infanterie par bataillon. Je pense que votre principal embarras, pour leur procurer ces différents objets, sera le manque de chevaux ; il vous faudrait donc, en tout, 5 à 600 chevaux : vous devriez trouver facilement à les acheter dans la Savoie ou le Lyonnais. J’écris au citoyen Périllier[^1], chargé des transports d’artillerie de l’armée, de vous en procurer une partie. Les marchés que vous autoriserez seront soldés ici par le citoyen Périllier ; il suffira que vous m’en préveniez à mesure.</p><p>Je désirerais aussi que vous pussiez faire donner à chaque bataillon quatre haches, deux pelles et deux pioches, qui doivent être portées par des hommes robustes et forts. Il faut qu’il y ait au bout des manches des haches, pelles ou pioches, des baïonnettes. Il doit être facile de faire confectionner ces différents outils à l’arsenal de Grenoble.</p><p>L’escadron du 9<sup>e</sup> régiment de dragons ainsi que celui du 5<sup>e</sup> de cavalerie que vous nous avez envoyés se comblent de gloire ; je désirerais que vous pussiez nous envoyer les autres escadrons de ce régiment. Votre fils acquiert tous les jours ; il se comble de gloire.</p><p>Je vous prie de croire, mon cher général, aux sentiments d’estime et d’attachement avec lesquels je suis, etc.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Périllier, administrateur des charrois et entrepreneur des transports d’artillerie à l’armée d’Italie. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1424, d’après l’expédition communiquée par le Duc de Valmy.</body>