CG1-1315.md

identifiantCG1-1315.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/01/22 00:00
titreNapoléon au cardinal Mattei, archevêque de Ferrare
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1315. - </b>Au cardinal Mattei, archevêque de Ferrare</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Vérone, 3 pluviôse an V [22 janvier 1797]</h2><p><br/> </p><p>Les étrangers qui influencent la cour de Rome[^1] ont voulu et veulent encore perdre ce beau pays ; les paroles de paix que je vous avais chargées de porter au Saint-Père ont été étouffées par ces hommes pour qui la gloire de Rome n’est rien, mais qui sont entièrement vendus aux cours qui les emploient. Nous touchons au dénouement de cette ridicule comédie. Vous êtes témoin du prix que j’attachais à la paix[^2], et du désir que j’avais de vous épargner les horreurs de la guerre. Les lettres que je vous fais passer, et dont j’ai les originaux entre les mains, vous convaincront de la perfidie, de l’aveuglement et de l’étourderie de ceux qui dirigent actuellement la cour de Rome[^3]. Quelque chose qui puisse arriver, je vous prie, monsieur le cardinal, d’assurer Sa Sainteté qu’elle peut rester à Rome sans aucune espèce d’inquiétude[^4]. Premier ministre de la religion, il trouvera, à ce titre, protection pour lui et pour l’Église. Assurez également tous les habitants de Rome qu’ils trouveront dans l’armée française des amis qui ne se féliciteront de la victoire qu’autant qu’elle pourra améliorer le sort du peuple, et affranchir l’Italie de la domination des étrangers. Mon soin particulier sera de ne point souffrir qu’on apporte aucun changement à la religion de nos pères.</p><p>Je vous prie, monsieur le cardinal, d’être assuré que, dans mon particulier, je me ferai un devoir de vous donner, dans toutes les circonstances, la marque de l’estime et de l’attachement avec lesquels je suis, etc.[^5]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Allusion aux représentants de l’Autriche et, surtout, de Naples. [^2]: C’est Bonaparte qui avait envoyé Mattei, cardinal-archevêque de Ferrare, à Rome pour tenter de rapprocher les points de vue français et pontificaux. [^3]: Il s’agit notamment d’une lettre du cardinal Busca, secrétaire d’État du Saint-Siège, à son ambassadeur à Vienne, Mgr Albani, par laquelle il lui annonce que le pape prend à son service le général Colli et est décidé à lutter contre la France. [^4]: Dans le même temps, les diplomates français cherchent un lieu d’exil pour Pie VI, notamment Perignon à Madrid : on évoque son transfert en Sardaigne. [^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1410, d’après<i>les Mémoires de Napoléon,</i>p. 81.</body>