| identifiant | CG1-1294.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/01/17 00:00 |
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| titre | Napoléon au Directoire exécutif |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1294. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Roverbello, 28 nivôse an V
[17 janvier 1797]</h2><p><br/>
</p><p>Il s’est passé, depuis le 23, des opérations d’une
importance telle et qui ont si fort multiplié les actions
militaires, qu’il m’est impossible, avant demain, de vous en
faire un détail circonstancié. Je me contente aujourd’hui de vous
les annoncer.</p><p>Le 23 nivôse, l’ennemi est venu attaquer la division du général
Masséna devant Vérone, ce qui a donné lieu au combat de
Saint-Michel, où nous l’avons battu complètement : nous lui avons
fait 600 prisonniers et pris trois pièces de canon. Le même jour,
il attaqua la tête de notre ligne de Monte Baldo et donna lieu au
combat de La Corona[^1],
où il a été repoussé : nous lui avons fait 110 prisonniers.</p><p>Le 24, au matin, l’ennemi fit filer une colonne très forte par
Montagna et Caprino, et par là obligea la division du général
Joubert à évacuer La Corona et à se concentrer à Rivoli. J’avais
prévu le mouvement ; je m’y portai dans la nuit, et cela
donna lieu à la bataille de Rivoli, que nous avons gagnée le 25 et
le 26, après une résistance opiniâtre, et où nous avons fait à
l’ennemi 13 000 prisonniers, pris plusieurs drapeaux et
plusieurs pièces de canon. Le général Alvinczy presque seul, a eu
beaucoup de peine à se sauver.</p><p>Le 24, à minuit, la division de l’armée ennemie qui, depuis le
19, était établie à Bevilacqua, où elle avait fait replier
l’avant-garde du général Augereau, jeta rapidement un pont sur
l’Adige, à une lieue de Porto Legnago, vis-à-vis Angiari.</p><p>Le 25, le général Guieu attaqua l’ennemi à Angiari, pour
chercher à le culbuter avant qu’il eût entièrement effectué son
passage. Il ne réussit pas dans son objet, mais il fit 300
prisonniers.</p><p>Le 26, le général Augereau attaqua l’ennemi à Angiari, ce qui
donna lieu à un second combat d’Angiari. Il lui fit 2 000
prisonniers, s’empara de seize pièces de canon et brûla tous les
ponts sur l’Adige ; mais l’ennemi, profitant de la nuit,
défila sur Mantoue. Il était déjà arrivé à une portée de canon
de cette place ; il attaqua Saint-Georges, faubourg que nous
avions retranché avec soin, et ne put l’emporter. J’arrivai dans
la nuit avec des renforts, ce qui donna lieu à la bataille de La
Favorite, sur le champ de bataille de laquelle je vous écris[^2].
Le fruit de cette bataille est 7 000 prisonniers, des drapeaux,
des canons, tous les bagages de l’armée, un régiment de hussards
et un convoi considérable de grains et de bœufs que l’ennemi
prétendait faire entrer dans Mantoue. Wurmser[^3]
a voulu faire une sortie pour attaquer l’aile gauche de notre
armée ; mais il a été reçu comme d’ordinaire et obligé de
rentrer. Voilà donc, en trois ou quatre jours, la cinquième armée
de l’Empereur entièrement détruite.</p><p>Nous avons fait 23 000 prisonniers, parmi lesquels un
lieutenant général, deux généraux, 6 000 hommes tués ou
blessés, 60 pièces de canon et environ 24 drapeaux. Tous les
bataillons de volontaires de Vienne ont été faits prisonniers ;
leurs drapeaux sont brodés des mains de l’Impératrice.</p><p>L’armée du général Alvinczy[^4]
était de près de 50 000 hommes, dont une partie était arrivée
en poste de l’intérieur de l’Autriche.</p><p>Du moment que je serai de retour au quartier général[^5],
je vous ferai passer une relation détaillée pour vous faire
connaître les mouvements militaires qui ont eu lieu, ainsi que les
corps et les individus qui se sont distingués. Nous n’avons eu,
dans toutes ces affaires, que 700 hommes tués et environ 1 200
blessés. L’armée est animée du meilleur esprit et dans les
meilleures dispositions.</p><p>Vous m’avez annoncé, depuis plus de trois mois, 10 000
hommes venant de l’Océan ; il n’est encore arrivé que la
64<sup>e</sup> demi-brigade, forte de 1 800 hommes.</p><p>L’Empereur aura réorganisé une nouvelle armée en Italie avant
que je n’aie reçu ces 10 000 hommes.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: Madonna delLa Corona.
[^2]: Bataille de La Favorite, aux portes de Manoue, perdue par Provera
qui devra capituler.
[^3]: Dagobert-Sigismond de Wursmer (1724-1797), vieil officier de l’armée
autrichienne, vainqueur des armées françaises en Allemagne et pour
cela nommé feld-maréchal, il est, à 71 ans, nommé en Italie pour
remplacer Beaulieu (mai 1796), bouscule dans un premier temps
Bonaparte avant de connaître défaites sur défaites, jusqu’à la
capitulation de Mantoue (février 1797).
[^4]: Joseph von Borbeck Alvinczy,, baron (1735-1810), feld-maréchal
autrichien, vainqueur à Neerwinden mais vaincu à Hondschoote, il
passe en Italie où Bonaparte le défait à Arcole et Rivoli, ce qui
met fin à sa réputation militaire. Il sera gouverneur de Hongrie
en 1798.
[^5]: Entendre : Vérone.
[^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1394, d’après la
Collection Napoléon.</body> |
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