CG10-24922.md

identifiantCG10-24922.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1810/10/13 00:00
titreNapoléon à Defermon, intendant général du domaine extraordinaire
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG10</i> - 24922. - </b>À Defermon, intendant général du domaine extraordinaire</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fontainebleau, 13 octobre 1810</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte Defermon, je viens de lire votre rapport sur les mines d'Idria[^1]. D'abord je remarque entre le gouvernement des Provinces illyriennes et mon domaine extraordinaire une affaire contentieuse qu'il faut finir. Les mines d'Idria doivent appartenir tout entières au domaine extraordinaire depuis la conquête jusqu'à la cession qui en a été faite, et aux Trois Toisons depuis l'époque de cette cession. Le gouvernement des Provinces illyriennes n'a rien à y voir. Mon intention est donc que les 1 583 quintaux de mercure reçus par l'intendant des Provinces illyriennes[^2] soient remis à la disposition du domaine extraordinaire, et qu'en retour vous remboursiez audit intendant la valeur des avances que le gouvernement des Provinces illyriennes a faites au service des mines. Comme ces provinces ont besoin d'argent, il faut leur en envoyer, sans perte de temps, aussitôt que le décret sera signé, et préparer d'avance vos ordonnances. Je suppose que vous avez encore beaucoup d'argent à Venise ; en attendant, écrivez à l'intendant des Provinces illyriennes que mon intention est qu'il ne mette pas de mercure en vente et que mon domaine extraordinaire soit possesseur du tout.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant aux achats de mercure à faire, non seulement je ne veux pas qu'on achète le mercure au-delà de ce qu'il vaut à Paris, à Londres, à Amsterdam, déduction faite des frais de transport, mais je désire même qu'on l'achète un peu au-dessous de ce prix, parce que je serai peut-être un an et plus sans m'en servir. Il serait absurde de faire cette acquisition suivant le tarif autrichien, qui est évalué en raison de la dépréciation du papier-monnaie. Je n'entends pas que mon domaine extraordinaire perde rien ; mais, au contraire, je désire qu'il fasse une bonne affaire ; il en fera une bonne, parce qu'il peut garder longtemps, et ce sera en même temps un bon service à rendre à la mine.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ainsi vous allez avoir 1 583 quintaux de mercure qui sont dans les magasins de Laybach et 1 232 quintaux qui sont dans les magasins de la mine à Trieste, total, 2 815 quintaux de mercure ; plus 358 quintaux de cinabre, 391 quintaux de vermillon, 60 quintaux de sublimé et 1 quintal de précipité rouge ; ce qui, au prix de 134 florins, ferait pour le mercure 970 000 francs et pour les autres produits 160 000 francs ; total, 1 130 000 francs qu'il faudra débourser. Sur ce payement de 1 130 000 francs, vous aurez à imputer, 1<sup>o</sup>300 000 francs que vous avez avancés pour mettre le service des mines au courant ; je suppose que cette avance était réalisable sur-le-champ et que vous l'avez prise sur l'argent que le domaine extraordinaire a à Venise, car je tiens à ce que vous envoyiez des espèces et que les mines soient promptement tirées d'embarras ; 2<sup>e</sup> la dette de la mine envers le gouvernement des Provinces illyriennes. 3<sup>e</sup> Pour le surplus, vous en ferez recette, aux droits du domaine extraordinaire et de l'ordre des Trois Toisons d'or, dans la proportion qui revient à chacun ; il reste à bien établir leur compte. Faites-moi connaître le jour où les Trois Toisons ont été propriétaires, ce qui revient au domaine extraordinaire pour le temps où il a été en possession, depuis le jour de l'entrée de mes troupes dans le pays, y compris ce qu'on a trouvé en magasin à cette époque, jusqu'au jour où les mines ont été cédées aux Trois Toisons d'or. Il me semble que l'armée a occupé le pays dans le courant de mai 1809 ; l'entrée en jouissance des Trois Toisons date du 1<sup>er</sup> janvier 1810 ; par conséquent, le domaine extraordinaire a été propriétaire pendant tout le second semestre de 1809, et l'ordre des Trois Toisons n'a droit que sur les produits de l'année courante. Mais, comme il est possible que pendant la guerre on n'ait pas travaillé, ce déficit, s'il existe, sera compensé par ce qui a été trouvé dans les magasins au moment de l'occupation du pays. C'est là-dessus que je désire avoir un rapport clair. Le projet de décret que vous m'avez présenté était susceptible, comme vous le voyez, de plusieurs modifications ; j'en ai dicté une nouvelle rédaction, que je vous envoie pour que vous me la représentiez avec tout le travail.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je ne me soucie pas d'avoir plusieurs millions de ces produits en dépôt à Trieste, où je ne trouve pas la même sûreté qu'à Venise ; je préfère donc Venise pour l'établissement des magasins. Faites-moi connaître combien coûtera le transport de Trieste à Venise et le temps qu'il faudrait pour l'effectuer.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant à ce que vous dites que les mines ne rendront pas la somme de 500 000 francs pour laquelle elles entrent dans la dotation des Trois Toisons d'or, il faut réformer l'administration de ces mines. J'envoie le comte Lauriston avec tout pouvoir pour y arrêter une nouvelle organisation, de concert avec MM. Daubenton et Séguier. À cet effet, je vous prie de voir le général Lauriston avant son départ et de le mettre au fait de cette opération. D'ailleurs, j'ai donné la mine aux Trois Toisons d'or ; elle rendra ce qu'elle rendra.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Voir CG10-24876, 24878. [^2]: Marmont est gouverneur des Provinces illyriennes. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 17044, d’après l’expédition communiquée par le comte Defermon (minute, Archives nationales, AF IV 886, octobre 1810, n° 189).</body>