| identifiant | CG10-24827.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1810/10/06 00:00 |
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| titre | Napoléon à Frédéric-Auguste Ier, roi de Saxe |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG10</i> - 24827. - </b>À Frédéric-Auguste I<sup>er</sup>, roi de Saxe</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Fontainebleau, 6 octobre 1810[^1]</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur mon frère, je
réponds à la lettre de Votre Majesté, du [15][^2]
septembre, relative aux créances prussiennes. Je ne conçois pas
trop quel besoin Votre Majesté pourrait avoir de la Prusse pour
faire payer des débiteurs qui sont ses sujets, d'autant plus que ces
créances sont hypothéquées sur des biens-fonds. Je pense qu'elle
n'a aucun besoin des pièces qu'a le roi de Prusse[^3],
puisqu'elles ont été annulées par les traités et notamment par
celui d'Erfurt[^4].
Il me paraîtrait donc que, sur l'avis de son Conseil d'État de
Varsovie, elle devrait rendre un décret qui déclare nulles ces
pièces, et ordonne aux débiteurs, sous peine d'être exercés dans
leurs hypothèques, de verser ce qu'ils doivent dans le trésor du
grand-duché. Le cabinet prussien est étrange ; il regarde
toujours ce qu'il a signé comme non avenu. Pour moi, cette question
se présente simplement dans mon esprit. Je ne vois pas la nécessité
de faire profiter le roi de Prusse et de lui donner une juridiction à
Varsovie, si cela relève le crédit de la Prusse. On a vu dans
l'avant-dernière guerre d'Autriche qu'on ne pouvait compter sur ce
cabinet ; depuis 1740, sa conduite a toujours été la même,
mauvaise foi et restrictions mentales. Ce que Votre Majesté fera
pour la Prusse, elle le fera contre soi. Cependant je ne m'oppose à
rien, et j'ai là-dessus des idées trop légères pour avoir une
opinion prononcée. Je ne citerai qu'un exemple. Lorsque j'ai acquis
les États de Hesse-Cassel, je me suis emparé des créances du
souverain[^5].
Cependant les créanciers ont payé et payent, sans que j'aie les
titres que le dernier prince a gardés[^6].
Mais, s'il était vrai que les individus qui auraient payé
s'exposassent à être recherchés, le cas arrivant que la Prusse
recouvrât le pays, cette circonstance serait heureuse, puisqu'elle
serait un nouveau motif de la part des citoyens de craindre le
retour[^7]
de la dénomination de cette puissance.[^8]</p><h3 class="style-titre-3-+-italique" data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: La minute est datée du 7 octobre.
[^2]: <span></span> Date absente de l’expédition donnée par la minute (Archives nationales, AF IV 886, octobre 1810, n° 111).
[^3]: Frédéric-Guillaume III.
[^4]: Traité de paix entre Napoléon et le tsar Alexandre. Par une convention secrète du 12 octobre 1808, la France reconnut à la Russie la possession de la Finlande, de la Moldavie et de la Valachie et renonce à toute extension du duché de Varsovie. En contrepartie la Russie reconnaît à la France la légitimité de son intervention en Espagne, et elle accepte d'agir contre l'Autriche si Vienne déclarait la guerre.
[^5]: Biffé sur la minute : « Je suis trop juste et trop raisonnable pour ne pas convenir que cela était discutable ».
[^6]: Biffé sur la minute : « On en donne reçu en mon nom, en déclarant qu’ayant hérité de la souveraineté, je prétends hériter des créances. Encore ce cas est plus fort, car Varsovie a gardé les hypothèques de ses créances. Si le reçu de votre majesté ne satisfaisait pas ses peuples, je m’engagerais à donner moi-même ce reçu, à les mettre à l’abri de toutes recherches de la Prusse. »
[^7]: Portion de phrase autographe sur la minute, Napoléon a biffé : « l’indisposerait davantage encore contre la Prusse ».
[^8]: <span></span> Expédition, Sächsisches Hauptstaatsarchiv (Dresde), 10026 GK 2760. [<i>C </i>17019]</body> |
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