| identifiant | CG1-1232.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/01/01 00:00 |
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| titre | Napoléon à Battaglia, provéditeur général de la République de Venise |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1232. - </b>À Battaglia[^1], provéditeur[^2] général de la République de Venise</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><span lang="de-DE">Milan, 12 nivôse an V [1</span><sup><span lang="de-DE">er</span></sup><span lang="de-DE">
janvier 1797]</span></h2><p lang="de-DE"><br/>
</p><p>Je reçois à l’instant, monsieur, la lettre que vous vous êtes
donné la peine de m’écrire[^3].
Les troupes françaises ont occupé Bergame pour prévenir l’ennemi,
qui avait l’intention d’occuper ce poste essentiel. Je vous
avouerai franchement que j’ai été bien aise de saisir cette
circonstance pour chasser de cette ville la grande quantité
d’émigrés qui s’y étaient réfugiés, et punir un peu les
libellistes qui sont en grand nombre dans cette ville, et qui, depuis
le commencement de la campagne, ne cessent de prêcher l’assassinat
contre les troupes de la République, et qui ont, jusqu’à un
certain point, produit un effet, puisqu’il est constant que les
Bergamasques ont plus assassiné de Français que le reste de
l’Italie ensemble.</p><p>La conduite de M. le provéditeur de Bergame[^4]
a toujours été très partiale en faveur des Autrichiens. Il ne
s’est jamais donné la peine de dissimuler, tant par sa
correspondance que par ses propos et ses actions, la haine qui
l’anime pour l’armée française. Je ne suis point son juge ni
celui d’aucun sujet de la sérénissime République de Venise ;
cependant, lorsque, contre les intentions bien connues de leur
gouvernement, il est des personnes qui transgressent les principes de
la neutralité et se conduisent en ennemis, le droit naturel
m’autoriserait aussi à me servir de représailles.</p><p>Engagez, je vous prie, M. le provéditeur de Bergame, qui est
votre subordonné, à être un peu plus modeste, plus réservé et un
peu moins fanfaron, lorsque les troupes françaises sont éloignées
de lui. Engagez-le à être un peu moins pusillanime, à se laisser
un peu moins dominer par la peur à la vue des premiers pelotons
français. Si ce sentiment, qui est peut-être celui du châtiment
qu’il savait avoir mérité par sa conduite passée envers les
Français, ne l’avait prédominé, le château de Bergame n’aurait
point été évacué par les troupes vénitiennes, mais l’on s’y
serait conduit comme à Brescia et à Vérone.</p><p>Immédiatement après le reçu de votre lettre, j’ai pris en
considération la position de la ville de Bergame, que j’ai fait
évacuer par une partie des troupes qui y étaient. Je donne au
général Baraguey d’Hilliers l’ordre de restituer le château à
la garnison vénitienne et de faire le service ensemble. Quant à la
tranquillité de Bergame, vos intentions, celles du gouvernement de
Venise et la bonté de ce peuple m’en sont un sûr garant.</p><p>Je connais le petit nombre d’hommes malintentionnés qui, depuis
six mois, ne cessent de prêcher la croisade contre les Français.
Malheur à eux, s’ils s’écartent des sentiments de modération
et d’amitié qui unissent les deux gouvernements !</p><p>C’est avec plaisir que je saisis cette occasion, monsieur, pour
rendre justice au zèle que l’évêque de Bergame[^5]
et son respectable clergé montrent pour la tranquillité publique.
Je me convaincs tous les jours d’une vérité bien démontrée à
mes yeux, c’est que, si le clergé de France avait été aussi
sage, aussi modéré, aussi attaché aux principes de l’Évangile,
la religion romaine n’aurait subi aucun changement en France. Mais
la corruption de la monarchie avait infecté jusqu’à la classe des
ministres de la religion ; l’on n’y voyait plus des hommes
d’une vie exemplaire et d’une morale pure, tels que le cardinal
Mattei, le cardinal archevêque de Bologne[^6],
l’évêque de Modène[^7],
l’évêque de Pavie[^8],
l’archevêque de Pise[^9].
Je croyais quelquefois, en discourant avec ces personnages
respectables, me retrouver aux premiers siècles de l’Église.</p><p>Je vous prie de croire, monsieur, aux sentiments d’estime et de
considération, etc.[^10]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3>
[^1]: Francesco Battaglia (1750-après 1803), provéditeur général de
Venise chargé notamment des territoires de Terre ferme (1796), il
s’entend d’abord avec Bonaparte puis écarté à la suite d’une
proclamation anti-française qui lui est attribuée, alors qu’il
s’agit peut-être d’un faux forgé par des agitateurs
révolutionnaires (avril 1797). Il vit retiré après Campoformio.
[^2]: Provéditeur : titre donné par les Vénitiens aux officiers
publics civils ou militaires exerçant une fonction ou un
commandement donné.
[^3]: Protestation contre l’occupation de Bergame et sa citadelle par
Baraguay d’Hillers quelques jours plus tôt.
[^4]: Ottolini.
[^5]: Dolfin.
[^6]: Giovanetti.
[^7]: Cortese.
[^8]: Bertieri.
[^9]: Franceschi.
[^10]: <span></span>Expédition, collection privée [Alde, <i>Manuscrits et autographes - collection d'un amateur</i>, Paris, Drouot, 2 avril 2025, n° 137]. <i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1347, d’après le
dépôt de la Guerre.</body> |
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