CG1-1209.md

identifiantCG1-1209.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/12/28 00:00
titreNapoléon à Denniée, commissaire ordonnateur en chef de l'armée d'Italie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1209. - </b>À Denniée, commissaire ordonnateur en chef de l'armée d'Italie[^1]</h1><p><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Milan, 8 nivôse an V [28 décembre 1796]</h2><p><br/> </p><p>Il se fait un très grand abus, citoyen Ordonnateur : il n’y a plus aucune espèce d’ordre dans la dépense du payeur[^2] ; il n’y en a point non plus dans la livraison de vos ordonnances. Mon intention est que vous donniez des instructions au payeur pour qu’il ait un mode de comptabilité qui vous mette à même de connaître chaque jour la situation où nous nous trouvons.</p><p>Le payeur de l’armée ne payera, sur les fonds qui sont mis dans sa caisse pour la solde des troupes, que le prêt des demi-brigades, de l’artillerie, des sapeurs, des mineurs et de la cavalerie, ainsi que les appointements des officiers de l’armée et des commissaires des guerres.</p><p>Il y aura chaque mois 150 000 livres à votre disposition, sur lesquelles, conformément à l’ordre du ministre du 11 nivôse an IV, vous ferez rembourser ce qui est nécessaire aux pansement, médicaments et ferrage des chevaux, c’est-à-dire trois livres par cheval par mois ; il faudra donc que vous envoyiez une ordonnance à chaque conseil d’administration, en prévenant le payeur que vous y affectez une somme sur les 150 000 livres.</p><p>Vous ferez également solder là-dessus la gratification d’entrée en campagne, les indemnités de pertes d’équipages. Les frais de bureau pour toute l’armée seront compris dans un état général que vous présentera le chef de l’état-major.</p><p>Les frais de poste pour toute l’armée et dépenses extraordinaires seront soldés par le chef de l’état-major[^3]. Vous lui remettrez, à cet effet, au commencement de chaque mois, 50 000 livres sur les 150 000 qui sont à votre disposition, et il devra, à la fin de chaque mois, vous présenter, pour toute l’armée, l’état des frais de bureau et des frais de poste.</p><p>Sous quelque prétexte que ce soit, vous ne pourrez jamais dépenser plus de 100 000 livres par mois pour les objets dont il est ci-dessus question, et 50 000 livres pour les deux articles dont est chargé le chef de l’état-major.</p><p>Lorsque les circonstances extraordinaires nécessiteront une augmentation de fonds, il faudra, auparavant, que vous donniez une ordonnance au payeur, pour que les fonds mis à votre disposition soient approuvés.</p><p>Les appointements des médecins et autres administrateurs des hôpitaux seront payés sur des fonds mis à votre disposition, et vous vous arrangerez avec le payeur ; mais il faut, sous quelque prétexte que ce soit, que l’on ne détourne pas, pour une autre destination ; les fonds destinés à la solde des troupes.</p><p>Pour le mois de nivôse l’on a fait des fonds pour le prêt, et l’on a mis 100 000 livres à votre disposition. Je vais ordonner qu’on en remette 50 000 en exécution du présent ordre. Je vous prie de me faire connaître les sommes qui vous sont nécessaires pour la solde des officiers de santé.</p><p>Je vous prie d’envoyer la copie de la présente lettre au payeur de l’armée.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Denniée vient de remplacer Villemanzy. La lettre de Bonaparte est une charge contre l’ancien ordonnateur en chef en même temps qu’un ordre de service à son successeur. [^2]: Delcros. [^3]: Berthier. [^4]: <span></span><i> Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III,</i>n° 1327, d’après le dépôt de la Guerre.</body>