|
CG10-23700.md| identifiant | CG10-23700.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1810/05/29 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon à Mollien, ministre du Trésor public |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG10</i> - 23700. - </b>À Mollien, ministre du Trésor public</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Le Havre, 29 mai 1810</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte Mollien, j'ai lu avec
le plus grand intérêt votre mémoire sur la Banque. C'est la
première chose bien claire, bien faite et sans abstraction, que
j'aie lue sur cette matière. J'avais eu l'idée de le faire
imprimer, mais je désire savoir, avant, si cela n'a pas
d'inconvénient. Faites remettre ce mémoire à la Banque, comme
venant de moi, afin de leur laisser la liberté de l'attaquer en
votre présence. Vous lui ferez sentir la nécessité de sortir de
cette absurde marche, et de placer son capital à 5 %,
c'est-à-dire à 6<sup>1/4</sup>, en ne gardant qu'une réserve d'une
vingtaine de millions en argent, et se trouvant par-là dans le cas
d'émettre toutes ses actions, d'avoir des comptoirs d'escompte à
Lyon, à Marseille, à Lille et dans les autres villes, afin de
donner à son établissement l'élan qu'il doit avoir. La Banque
pourra faire l'observation que, si elle ne garde que vingt millions
d'argent, le public venant à demander le remboursement d'une masse
de billets, ces vingt millions seront absorbés. Mais alors vous
direz que je m'engage, pour le bien de la Banque, qui est le bien de
mon Empire, à reprendre vingt millions au taux où elle a placé
aujourd'hui. Moyennant ce contrat que vous passerez, et qui sera
ratifié par moi, la Banque sera hors d'inquiétude sur ses cent huit
millions de capitaux ; elle pourra en émettre quatre-vingts à
5 % et par là porter les 5 % à près de 90, qui est, dans la
situation de mes affaires et de l'Europe, au moins le prix qu'ils
devraient avoir. Quant aux dépenses, il est clair que la Banque
gagnera, puisque huit millions de papier à 4 % forment
l'intérêt de deux millions à 16 %. Ainsi, par exemple, les
deux millions qu'elle aura placés pour servir de réserve dans les
banques de Rouen et de Lyon lui rendront 16 %. Elle ne paye que
6 % ; il reste donc pour la masse des actionnaires un
profit de 10 %. Pénétrez le gouverneur de la Banque[^1]
de la vérité de ces observations. La France ne demande qu'à être
éclairée ; il y a partout un élan d'énergie et une grande
estime de la Banque.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Np</i></h3>
[^1]: Jaubert.
[^2]: <span></span> Photocopie d’expédition, Archives nationales, fonds Mollien, 132 AP 1. [<i>C </i>16511]</body> |
|---|
| |
|