CG10-23699.md

identifiantCG10-23699.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1810/05/29 00:00
titreNapoléon à Gaudin, ministre des Finances
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG10</i> - 23699. - </b>À Gaudin, ministre des Finances</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Le Havre, 29 mai 1810</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous envoie un rapport de deux projets de décret de mon directeur général des douanes[^1]. Je désire que vous en preniez connaissance pour me représenter, à mon arrivée à Paris, les mesures qu'il propose.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Par l'un de ces projets de décret, il attribue aux douanes, le tiers des produits des prises que les corsaires français feront dans les rades de la France, de la Hollande tandis que ce n'est que le cinquième à Hambourg. D'où vient cette différence ? </p><p style="margin-bottom: 0cm">Le décret relatif à la navigation du Rhin ne me paraît pas assez précis, il faudrait ordonner qu'aucun bâtiment ne pourra passer entre les deux points extrêmes de la France sans être visité, établir la même chose entre Mayence et Cassel ; entre Strasbourg et Kehl. Je ne vois aucune difficulté sur les droits, mais je voudrais ajouter qu'aucun bâtiment, autre que des bâtiments français, ne naviguent sur le Rhin. La difficulté est nulle quant aux Hollandais puisqu'ils sont étrangers quand ils passent la frontière. Il n'en est pas de même pour Francfort. Il paraîtrait convenable de dire qu'aucun bâtiment ne passera devant Nimègue et le point correspondant s'il n'est français, c'est-à-dire si le bâtiment n'est de construction française, si la cargaison n'est propriété française ; si le patron et l'équipage ne sont français. Que de Mayence les bâtiments pourront entrer dans le Main, mais que les bâtiments du Main ne pourront pas naviguer sur le Rhin. Il faudrait faire connaître si ces bâtiments sont français ou allemands, et s'il y a d'autres rivières navigables d'Allemagne qui descendent dans le Rhin.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Mais je voudrais aller plus loin et établir qu'aucun bâtiment, s'il n'est français, n'entrera dans les canaux de la Belgique, ne pourra ni entrer ni sortir d'Anvers. Ainsi la Meuse et l'Escaut ne recevraient plus que des bâtiments français. Les bâtiments des autres nations ne seraient admis à exporter, ni des marchandises françaises ni des marchandises étrangères. Ils ne pourraient importer que des marchandises de leur pays.</p><p style="margin-bottom: 0cm">On dirait, dans un autre titre, que sur l'Escaut, le Waal, la Meuse et dans toutes les eaux, que je possède en commun, tous les bâtiments seront visités pour savoir s'ils ne sont pas en contravention aux lois du blocus.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je ne sais quel est le motif de l'article qui admet le transit de la Hollande. C'est précisément ce que je ne veux pas : puisque j'ai les eaux et le talweg du Rhin, j'ai à plus forte raison celles de la Meuse.[^2]</p> [^1]: Collin de Sussy. [^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 884, mai 1810, n° 156.</body>